samedi 25 mars 2017

Pas une seule

Christer Strömholm via semiotic apocalypse


et cette fille 
m'écrivait
des vers 
vingt par jour
j'oublie son nom

c'est fini
et cette femme qui n'avait
jamais autant aimé
j'ai oublié son nom et
sa bouche
cette fille qui
riait quand elle venait
dans mes bras
pareil 
et ses yeux
je reprends un verre
et cette autre
prête à tout 
une fois par semaine
pour deux heures 
dans un lit
à peine encore
un verre dans la bouteille
avoir avalé sans cesse
ces sexes
j'ai oublié leur nom
la porte claque
ils ont coupé
la musique
cette petite aimait
que je la prenne 
par le cou dans la rue
j'ai oublié sa peau
c'est mieux
elle qui voulait
être
la femme de ma vie
aussi
toi, tu me 
pleurais le jour
et riais toujours
de moi 
mais je ne vois pas
on ferme et celle
pour qui
j'ai tout abandonné
pareil
j'arrive
me voici prêt
je lève ce dernier
verre
à vous
toutes aimées
avec sincérité
et qui 
à moi
jamais plus ne pensez.

Carlos Rafael, Antología poética 1985-2008,
Espasa Calpe, Madrid
traduction maison


Aucun commentaire:

Publier un commentaire