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dimanche 15 février 2026

Place du bonheur

Walt Girdner

 

 

parlez-moi lentement
comme à un enfant
bordez-moi gentiment
réarmez-moi 
en douceur
en adéquation avec
la demande

amadouez-moi
en même temps
prononcez résilience
confiance
intelligence et commission
artificielle européenne
consommation débridée
civilisation et sécurité
soin de soi et vivre ensemble
investissements et solidarité
arrogance décomplexée

racontez-moi des histoires
de nouveaux bobards
responsabilité 
refus de la vassalisation
et du défaitisme
normalisation et souveraineté
démocratie et arc républicain
pacte social 
dépassé
l'impensé insensé
une dinguerie

tech et crédit social 
télésurveillance pour tous
disruption électrons libres
piège à fions
c'est que du bonheur 
on ne va pas se mentir
nous n'avons rien dans le ventre

revenez vers moi
envoûtez-moi sans cesse 
accordez-moi 
une nouvelle fois
la nuit sacrée
sans entraves et sans soucis



charles brun, la liberté rend libre


mercredi 29 mai 2024

Nirvana

Tout juste libéré d'un onéreux stage de remise en question et, en même temps, de quête de bien-être, l'ami Charles Brun goûte aujourd'hui au bonheur et, très généreusement, souhaite partager son expérience en transmettant à tous les inconsolables égarés sur ce blogue ses précieux conseils pour atteindre le Nirvana.

 

1. Une alimentation saine. Misez toutes vos économies sur une alimentation équilibrée et variée, en privilégiant les aliments naturels et non transformés. Evitez la viande, les produits gras et toute friture, les plats surgelés, la cuisson ou le réchauffement au micro-onde. Pensez à mâcher longuement avant d'avaler. Optez pour des aliments mous. Ne parlez pas et ne regardez pas d'écran en mangeant. Concentrez-vous sur votre assiette. Mangez en pleine conscience. Ne buvez pas d'eau au cours des repas, mais avant et après (de 2 à 3 litres par jour). Ne buvez plus de café ou de thé après 50 ans, privilégiez les tisanes et infusions naturelles que vous consommerez ni trop chaudes ni trop froides.

2. Un sommeil répérateur. Aménagez-vous une chambre calme et sombre, à la température pas trop élevée (18°C maximum), évitez bien entendu les écrans avant de vous coucher. Parfumez votre oreiller de quelques gouttes d'huile essentielles de lavande. Couchez-vous tous les soirs à la même heure : de préférence avant 22h00 et jamais après 22h30. Si par malheur, vous avez invité des amis à dîner, n'hésitez pas à leur dire la vérité et à les mettre à la porte si leur taxi n'est pas à l'heure. De préférence, dormez seul(e).

3. Dites non aux addictions. Refusez les habitudes et tout type d'addiction : alcool, tabac, café, drogues douces ou dures, sexe, séries TV, réseaux sociaux, shopping et achats impulsifs, le rêve du grand amour ou d'un monde meilleur, parler pour ne rien dire, voter, etc. 

4. Les bienfaits du sport. Une activité physique régulière permet de mieux connaître son corps, de le comprendre, de savoir l'écouter. Elle diminue également le stress, renforce le système immunitaire, améliore l’humeur et la confiance en soi. Le sport fait de vous un héros du quotidien. Dans le domaine de la baignade, privilégiez la tenue d'Eve, voire d'Adam. Plus généralement, ressourcez-vous régulièrement au contact de la nature. C'est un excellent moyen de recharger ses batteries et un remède contre le burn out. Prenez le temps de vous relaxer. Pratiquez la méditation, en profitant de moments de solitude ou en faisant une activité qui vous permet de vous évader. Ne jamais rester assis plus d'une heure, même au cinéma et encore moins au théâtre.

5. Adoptez la gratitude. Abandonnez toute passion, les tristes en particulier. Oubliez les tentations de rébellion ou de contestation. Demeurez d'humeur égale tout au long de la journée. Pratiquez la gratitude. Vous découvrirez l’art de cultiver le bonheur simple au quotidien, de prendre le temps de voir et de reconnaître ce qu’il y a de positif dans votre vie, ce qui vous apporte la joie, le sourire, le réconfort, l'amusement et l'émerveillement. Pensez à honorer la vie et les autres. Choisissez de mettre à l'honneur chaque jour une personne qui apporte de la joie dans votre vie et contribue à votre bien-être. Il y en a bien plus que vous ne le pensez. Si votre entourage manque de densité et d'intérêt, improvisez et choisissez quelqu'un au hasard dans la rue ou au bureau. Vous n'êtes pas au bout de vos surprises. Pensez à garder le sourire en toutes circonstances.

6. N'ayez plus peur. Nous sommes abreuvés de nouvelles mauvaises et anxiogènes mais également de personnes toxiques et perdues. Eliminez les unes et les autres de votre vie. Ignorez-les. Armez-vous de pensées positives, c'est la guerre. Supprimez de vos lectures tous ces poètes et professeurs de désespoirs, optez pour des auteurs légers et profonds tels que Eric-Emmanuel Schmitt (avec deux t), Marc Lévy ou Grégoire Delacourt et ses envies. Pour les femmes, relisez tout Virginie Grimaldi, plusieurs fois. La même chose avec Melissa Da Costa. N'écrivez pas. Cessez de vous lamenter sur votre sort. Ne pleurez plus. Soyez adulte, merde !

7. L'argent ne fait pas le bonheur. Jamais adage populaire n'aura été aussi actuel. N'enviez plus le train de vie et le sort de ces milliardaires, toujours plus nombreux, surtout dans notre pays, et en permanence, les pauvres, sous le feu des critiques pour de sombres histoires de fortunes cachées ou d'argent public confisqué. Ne pétez pas plus haut que votre cul. Que la modestie devienne votre seul critère en matière de revenus, de dépenses, de logement et d'ambition. Soyez en paix avec vous-même, ne rêvez plus, soyez présent dans le présent. Toute adversité sera ainsi surmontée.

8. La fuite. Ne suivez aucun conseil lu ou entendu ici ou là, et encore moins s'il provient d'un ami. Fuyez toutes ces personnes qui prétendent vous
éclairer ou vous aider. 


jeudi 14 septembre 2023

Théoriquement

Gilles D'Elia

 

 

Théoriquement, il y a une possibilité de bonheur parfaite : croire à l'indestructible en soi et ne pas chercher à l'atteindre. 

Franz Kafka, Les Aphorismes de Zürau,
trad. Hélène Thiérard, Gallimard

samedi 14 décembre 2019

De la folie


René Groebli

...quand je retrouvais mon calme, il m'apparaissait que les hommes font leur malheur par incapacité de se contenter de ce qu'ils ont. On finit par haïr ce qui nous entoure, alors qu'on était bien tranquille, et l'on se jette dans l'inconnu. On finit par prendre en horreur la vie présente. On ne peut plus supporter son bonheur, et l'on va s'exposer à des dangers réels. C'est excusable d'agir ainsi quand on ne risque pas grand-chose, mais quand notre vie est en jeu, c'est de la folie...
Emmanuel Bove, Non-Lieu, 1946

lundi 4 juillet 2016

La clef du bonheur


Manilo Reina


Si nous pouvions ressentir une volupté secrète toutes les fois qu'on fait aucun cas de nous, nous aurions la clef du bonheur.
Cioran, Cahier de Talamanca

vendredi 10 juin 2016

Pour saluer Marc Bernard


Orphelin à 14 ans, le Nîmois Léonard Marc Bernat devient ouvrier et entame très tôt une vie dans l'ombre, faite de galères, enthousiasmes, militantisme, mais aussi soleil, farniente et amours… Soutenu par Henri Barbusse au sein du journal Monde, puis par Jean Paulhan à La N.R.F., le jeune prolo devient l'écrivain Marc Bernard, et signe des livres lumineux et sincères. La réédition de quelques uns des ses textes ou la publication d'inédits, au Dilettante, dans la collection L'Imaginaire de Gallimard ou chez Finitude, offrent encore la possibilité de lire cet auteur singulier, presque confidentiel, qui rêve d'une littérature populaire, lue par les siens. 
« Ce qui compte avant toute chose, c'est la vie ; elle vient avant l'œuvre d'art. Je ne consentirai point à la souillure pour trouver des accents plus poignants. Je préfère chanter plus bas. », note-t-il dans son journal face aux attaques de son propre camp lors de la publication de son roman Anny, récit d'une passion amoureuse.
Une biographie passionnante consacrée à ce proche d'Henri Calet vient de paraître. Elle est due à Stéphane Bonnefoi qui, depuis une quinzaine d'années, remet en lumière les écrits et le destin de l'auteur de Pareil à des enfants…, autobiographie jugée immorale par sa ville natale et inattendu Prix Goncourt de 1942, attribué notamment par les collabos Sacha Guitry et René Benjamin. 
Quelques mois après cette grise distinction, Bernard note : « Au fond, je voudrais écrire des œuvres consolantes. Ce qui me fait croire que mon prochain livre sera atroce. » Marié à une juive autrichienne fuyant la Gestapo et ses zélés serviteurs français, Bernard ne cessera de crapahuter d'un refuge à l'autre, au prix de sa liberté et de la santé d'Else à qui, après sa mort en 1969, il consacrera tous ses derniers ouvrages. 

« Est-ce manque de générosité, d'enthousiasme ? Peut-être. Nihilisme plutôt, et regard sans indulgence sur notre condition humaine. Quoi qu'il en soit, et en un mot comme en cent, mes profondes joies ne viennent pas de l'homme, mais du retour à une vie primitive, où c'est le corps tout entier qui jouit. Mes maîtres à penser sont le soleil et la mer. Ma joie, en découvrant la neige, l'an dernier, au Tyrol, a été aussi sans mesure. J'étais pendant dix jours ivre de blancheur, de scintillement. Que peuvent m'apporter les hommes, comparé à ça ? », confesse-t-il à Paulhan, en 1954, courte période de bonheur sur les terres de son père, Majorque.


Stéphane Bonnefoi, Marc Bernard, La Volupté de l'effacement, éd. le murmure, 2016
Marc Bernard, Mayorquinas, L'Imaginaire, Gallimard, rééd. 2016
Marc Bernard, Vacances surprises, Finitude, 2016

lundi 8 février 2016

A l'origine


…on n'est pas malheureux par suite de quelque malchance extraordinaire, parce qu'on n'a pas, comme tout le monde, trouvé la femme idéale, ou pour avoir reçu sur la tête une tuile malencontreuse. Non, on est malheureux parce qu'on s'est fabriqué un caractère qui attire le malheur comme l'aimant attire l'acier. C'est lui qui vous rend malheureux, vous et votre entourage, et c'est lui aussi qui éveille en vous le besoin de vous donner raison, notamment quand vous avez tort. Car il n'est pas dans la nature humaine de chercher en soi-même l'origine de ses maux, tant qu'elle a la moindre chance de la trouver ailleurs…

Marcel Lévy, La Vie et moi

samedi 13 juin 2015

Une sorte d'évidence



Écrire jusqu’au moment où le bonheur d’écrire vous fait douter de votre propre malheur.
Elias Canetti

mercredi 18 mars 2015

Une embuscade


Certaines personnes savent, le jour d’avant, qu’elles ont rendez-vous avec lui. Et, malgré cette intuition, elles ne seront pas prêtes. Le bonheur est toujours une embuscade. On est pris par surprise. Le jour d’avant est donc le meilleur…

Erri De Luca, Le jour avant le bonheur

samedi 3 janvier 2015

Du bonheur pour les oreilles

La semaine prochaine, Adèle Van Reeth consacre son émission philosophique des Nouveaux chemins de la connaissance au thème tant rebattu du bonheur.
Quatre intervenants déclineront leur point de vue de manière assurément originale : lundi, on traitera de Spinoza avec Maxime Rovère ; mardi, de la métaphysique du bonheur réel avec Alain Badiou ; jeudi, du bouddhisme avec Philippe Cornu et, j'ai gardé le meilleur pour la fin, mercredi, du cinéma enchanté de Jacques Demy, avec l'inestimable Camille Taboulay, auteure du livre éponyme aux éditions des Cahiers du cinéma. A ne pas louper donc. C'est sur France culture, à 10h00, en direct. Et ici pour le podcast.

mardi 23 décembre 2014

Champagne !

newyorkshitty

- Tu es content ?
- Oui, bien sûr ! Pas toi ?
- J'espère qu'on sera heureux.
- Tu en doutes ?
- …
- Tu en doutes ?
- Non. Enfin, je sais pas…
- On ne peut jamais savoir avec ces trucs-là.
- Quels trucs ?
- L'amour, le bonheur, tout ça…
- Cette signature, c'est comme un mariage…
- Ah bon ?
- C'est un contrat.

samedi 4 octobre 2014

Balade sauvage



Ce film reste inédit chez nous. Aucun distributeur – ces gens qui ont aujourd'hui le pouvoir de décider de la vie des films – n'a jugé bon de proposer aux exploitants – ces gens chez qui on peut, entre autres activités, consommer du cinéma – ce film étonnamment libre – sentiment rare dans une salle obscure de nos jours – qui nous conte les derniers jours d'une usine à tumeurs, quelque part entre Rosario et Buenos Aires en passant par Barcelone. Il y a un grand comédien, José Sacristan. La fille du film, Roxana Blanco. De la cinéphilie, ou plutôt un amour du cinéma. Godard bien sûr, mais pas que. C'est certainement ce qui le rend inétiquetable. Javier Rebollo en a écrit le scénario et splendidement, librement mis en scène. Je suis prêt à vous faire la traduction. Pas même besoin de trop insister…

mardi 30 septembre 2014

Vieux truc

Le bonheur date de la plus haute Antiquité. Il est quand même tout neuf car il a peu servi. 

Alexandre Vialatte