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dimanche 19 mars 2017

A vomir

Ce qui console aussi, c'est de se sentir parfois moins seul devant le triste spectacle, découvrir quelques pépites dans le marasme cul-culturel
Merci à Philippe, Camille et Esther.
Et à Kery James…






Racailles !
On devrait vous nettoyer au Kärcher
Le jour où le peuple se réveille vous allez prendre cher
On a le sentiment qu'aller voter
C'est choisir par lequel d'entre vous on veut se faire entuber
Républicains ou PS
Rangez vos promesses dans vos sacs Hermès
Vous n'avez jamais connu la précarité
Vous vivez à l'écart de nos réalités
La rue le pense, j'le mets en musique
Et pour ceux qui l'ignore encore j'le rends public
Je n'soutiens aucun parti, j'marche plus dans vos combines
Vos programmes électoraux ne sont que des comptines
On prend les mêmes et on recommence
Les mêmes promesses, les mêmes mensonges
Les mêmes tapent dans la caisse, les mêmes plongent
Les mêmes sont dans la hess, les mêmes mangent
Les mêmes menteurs trafiquent les mêmes comptes
Les mêmes commis au service des mêmes pontes
Les mêmes fils de pauvres sont incarcérés
Les mêmes fils de riches sont formés pour règner
En attendant qu'un homme du peuple émerge
C'est rare de trouver un élu avec un casier vierge
Ma haine du système est toujours intacte
Lequel d'entre eux peut jeter la pierre à Cahuzac ?
Claude Guéant, Racailles !, Balkany, Racailles !, Jean-François Copé, Racailles !
Philippe Bernard, Racailles !, Harlem Désir, Racailles !, Alain Juppé, Racailles !
Tous ceux que j'ai cité ont été condamnés
Ce sont les mecs de cités qu'ils traitent comme des damnés
Vous étiez choqués par le groupe Tandem
Vous faites la même à la France, mais jusqu'à ce qu'elle saigne
Jusqu'à ce qu'elle coule comme la Grèce ou l'Italie
Vous avez meurtri le pays jusqu'à l'agonie
Cumul des mandats jusqu'où vous irez ?
Est-ce le cumul des salaires que vous désirez ?
Comme toute la France d'en bas j'crois plus aux politiciens
J'continue le combat, j'crois au réveil citoyen
Pour changer les choses il faut le vouloir
Vous n'avez pas de cause profonde si ce n'est le pouvoir
Vous faites de la politique sans conviction
Parfois vous en faites même pour éviter la prison
En costume-cravate sont les vrais voyous
Vous ne croyez plus en rien, plus personne croit en vous
Y'a qu'à observer les taux d'abstention
Faut pas trop prendre les gens pour des cons, attention
Sentez-vous le vent tourner comme vos vestes ?
Entre vous et la rue, y'a plus que les CRS
A bout de souffle, votre système est dans un cul de sac
A essayer de se débattre, comme un cul d'jatte
Vous êtes élus pour un truc
Vous ne le faites pas plus
Vous faites l'inverse, en plus
Ça ne vous gêne pas
Et si le peuple a l'idée de se rebeller
Vous disposez d'une armée de flics bien dressés et zélés
Le dialogue social gît dans un cercueil
Les keufs tirent aux flashballs, tu peux y perdre un œil
Vous faites monter le sentiment anti-policier
Usez de la police comme d'une armée privatisée

Tout le monde le sait c'est une évidence
Vous êtes complètement soumis à la finance
Vous votez les lois que les riches ordonnent
Après le 49.3 plus rien ne m'étonne
On travaille plus mais on gagne moins
On attend juste le printemps européen
On cotise pour des retraites qu'on ne verra peut-être jamais
Tout l'argent qu'on fait rentrer vous nous le reprenez
Chaque fin de mois à découvert
On a l'impression d'être esclave du système bancaire
Même les riches connaissent le jeu, jouissent des niches fiscales
Les petites PME croulent sous les charges sociales
Radar, on paye !
Péage, on paye !
Pollution, on paye !
Oh ! Qu'est-ce que vous faites avec tout ce fric ?
Que foutait Eric Zemmour sur une chaîne publique?
Payer pour propager sa haine
Semer des graines récoltées par le FN
Pour vous même Marine Le Pen est devenue fréquentable
Quiconque combat l'Islam peut s'asseoir à votre table
Incapables de gouverner vous divisez
Incapables de rassembler vous stigmatisez
Aveuglés par le pouvoir vos cœurs sont voilés
Beaucoup plus que le visage de cette femme voilée
Tous vos prétendus principes de laïcité
Ne concernent pas cette saoudienne sur les Champs-Elysées
Pour vous tout se négocie, tout est question de gent-ar
Vous êtes même prêts à livrer les banlieues au Qatar
Votre jeu est trouble
Votre discours est double
Au pays dit des droits de l'Homme
L'Etat d'urgence est devenu la norme
Et vous prétendez faire la leçon au monde entier
Imposer la démocratie à coups de mortier
Sans pitié vous avez buté Kadhafi
Aujourd'hui dans quel état se retrouve la Libye ?
La rue le pense, j'le met en musique
Vos médias le taisent, j'le rends public
J'vous tiens tête comme un mec des Minguettes
Est-ce le genre de texte qui peut me valoir une fiche S ?

Droit dans mes bottes
Je n'baisse jamais mon froc
La tête haute j'suis intègre
J'fais du Hip-Hop
Vous appelez ça de la musique nègre
J'sors en indé
Tu m'verras plus jamais
Foutre les pieds à Skyrock
Ils n'aiment pas c'que je suis, c'que je défends, c'que je porte
C'est réciproque
Ils ont travesti le R-A-P
Je fais parti des rescapés
Ils ont encensé la médiocrité
Ils ont fait du Hip-Hop de la variété
Ils ont joué les clashs pour nous diviser
Tant que ça fait de l'audience, on peut s'allumer
Quand un rappeur se fera buter
Ils organiseront un concert au nom de la paix
Yeah !
J'fais d'la musique contestataire
Vous vendez des espaces publicitaires
J'me suis sacrifié pour mes p'tits frères
Vous, vous jouez des trucs qui les envoient au cimetière
Fric et violence dans vos playlists
Vous abrutissez les miens, ça plait aux élites
Vous vous êtes servi de moi, j'me suis servi de vous
Pour que mon message passe au plus grand nombre, maintenant j'peux le faire sans vous
J'ai un public qui me soutient
J'ai fait des choses, le peuple s'en souvient
La rue vous vomit, j'le rends public
Rien n'a changé depuis Lettre à la République…


vendredi 31 octobre 2014

Brooklyn, France



 
Il est parfois des films qui vous réconcilient avec le cinéma, son aventure. Brooklyn est de ceux-là, assurément. Je connais Pascal Tessaud pour avoir suivi un très beau projet, porté des années durant et à ce jour non encore réalisé. Trop de politique là-dedans, trop de point de vue ouvrier et critique sur les rêves trahis par une certaine gauche. Car Pascal vient de là. D'un père OS chez Renault, monté à Paris au tout début des années 1980, lorsque l'espoir était encore permis. On connaît la suite. Et les instances du cinéma français ne veulent pas la voir racontée. « J’ai cru à la méritocratie française, fait mes preuves à travers les courts métrages et des documentaires, me suis rapproché du centre, mais rien à faire : quand on est issu d’un milieu ouvrier, nos sujets n’intéressent personne. » Pas ceux-là en tous cas. 
« Le système est tel qu’on finit par se sous-estimer si l’on ne correspond pas au modèle de réussite prôné ». Frappé d'un coup de pied au cul par Donoma, Rengaine et une poignée d'autres films sauvages produits hors système, Pascal oublie le découragement menaçant et casse sa tirelire. Toutes ses économies d'intermittent sont reversées dans la fabrication maison de ce qui devient son premier long (merci le Medef !). Création d'une association à Saint-Denis, travail avec des jeunes du quartier sous formes d'ateliers d'impros, scénario souple, équipe professionnelle bénévole et motivée, Brooklyn voit le jour et se retrouve... à Cannes ! - sélection de l'ACID (association du cinéma indépendant pour sa diffusion).Et devrait être sur les écrans début 2015.
Alors, Brooklyn, c'est quoi ? C'est un blaze. Le surnom d'une apprentie rappeuse débarquant sans un rond de sa Suisse natale dans notre belle banlieue parisienne. Et malgré son jeune âge, Brooklyn est une rebelle à l'ancienne. « Je suis old school, se défend Pascal Tessaud, formé par un rap social qui m’a poussé à l’écriture, défendu en France par NTM ou IAM et aux Etats-Unis par des groupes comme Public Enemy. Je ne suis pas nostalgique de cette époque mais je n’adhère pas du tout au rap bling-bling d’aujourd’hui qui met en avant les grosses voitures, les flingues, les drogues et les filles faciles… Mon film se veut une déclaration d’amour à la banlieue où je réside encore, trop souvent stigmatisée par les médias. J’essaie quand même de ne pas faire d’angélisme : je montre aussi bien les dérives qui ont gangrené les cités que la résistance qui s’organise à travers la création. » 
Servi par des comédiens épatants - KT Gorique en tête, mais aussi l'excellent Jalil Naciri, et l'inestimable Liliane Rovère -, Brooklyn est, malgré de toutes petites maladresses, un film qui respire une certaine idée d'un cinéma passionné, politique et poétique, celui des maîtres de Pascal, à commencer par son dédicataire, le Marseillais Paul Carpita.