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samedi 22 août 2026

La vérité, c'est de trouver sa liberté

Il y a quarante ans – putain !, quarante ans… –, Serge Daney recevait dans son émission Microfilms, le fabuleux Jean Poiret. Le succès des comédies policières de Claude Chabrol, Poulet au vinaigre et L'Inspecteur Lavardin et une poignée d'années auparavant du Dernier métro de François Truffaut (tiens, deux piliers de la Nouvelle Vague…) viennent d'offrir aux cinéphiles comme au grand public de nouveaux aspects de la palette de jeu d'un comédien trop souvent cantonné à des rôles secondaires ou comiques. On ne cache pas son bonheur d'écouter aujourd'hui ce délicieux entretien, diffusé il y a quelques nuits par la radio d'État, même si Daney se montre parfois peu à l'aise avec l'humour de son interlocuteur. On sent combien il est difficile pour le critique d'évoquer simplement le métier de comédien, la difficulté de l'intellectualiser… Détail non négligeable, l'émission est ponctuée de deux morceaux d'Astor Piazzola tirés du film de Fernando Solanas, Tangos : l'exil de Gardel, ainsi que d'une parodie d'une chanson de Jacques Brel par l'ancien compère du grand Michel Serrault. Toute une époque…

 

jeudi 21 mai 2026

Tout baigne dans le beurre !

 


 

 

Histoires de tournage, d'héritage, de casting, d'hirondelles et de papillons… Clap sur Claude Chabrol, premier des jeunes loups des Cahiers à franchir le pas de la mise en scène avec Le Beau Serge, film qui restera un temps sur les étagères, comme on pouvait encore dire à l'époque. Chabrol devra attendre son deuxième long métrage, Les Cousins, pour une sortie des deux films à trois mois d'écart. La Nouvelle Vague est lancée. 

Retour (en partie) sur le parcours du truculent réalisateur avec cette série radiophonique concoctée à partir des archives du service public. Profitons tant que ça existe encore. On peut même y entendre le peu loquace (à la radio) Jean-Patrick Manchette à propos de l'adaptation de son roman Nada. Tout baigne dans le beurre !, comme disait le poète… 

 

mardi 10 mars 2020

Nu au cinéma


En 1968, Maurice Pialat a 43 ans et tourne enfin son premier long métrage, parrainé par son beau-frère Claude Berri qui convainc François Truffaut de coproduire L'Enfance nue. De loin, par son sujet, le film peut faire penser aux 400 Coups, mais de loin seulement. Car on y distingue déjà la démarche singulière de Pialat, faussement naturaliste, sa sécheresse apparente et son humour discret et plutôt sombre, un univers bien éloigné de celui de ses confrères de la Nouvelle Vague, embourgeoisée, à bout de souffle pourrait-on même dire à cette époque.
L'Enfance nue est un échec commercial. Pialat devra attendre 4 ans
avant de pouvoir réaliser un nouveau long métrage (Nous ne vieillirons pas ensemble, 1972). Entre-temps, il fera un retour à la télévision pour tourner l'excellent feuilleton La Maison de bois — il n'est pas alors question de séries...
En février 1969, quelques jours après son arrivée en salles, une émission, rediffusée récemment, prenait la défense, un peu tard, de L'Enfance nue, convoquant Philippe Esnault et Jean Mitry, ainsi qu'un jeune attaché de presse admiratif nommé Bertrand Tavernier. Claude Chabrol
— qui traverse sa période créative la plus intéressante — y fait également une apparition enthousiaste.
Ecouter aujourd'hui le débutant Pialat, c'est entendre, même si c'est court, non pas l'amertume ou le ressentiment dont on a, à maintes reprises et commodément, gratifié l'auteur de La Gueule ouverte, mais une sincérité nue du bonhomme, pourtant assez séducteur, tant il est bien difficile de dater les propos ici tenus et le point de vue qui est déjà le sien sur l'état du cinéma...


samedi 14 janvier 2017

L'homme fidèle





- Que veux-tu ? J'ai toujours été fasciné par les bottes des femmes. 
- Il m'a fallu attendre 10 ans pour apprendre ça.
- Et moi, 50.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- C'est en revoyant ce film que je m'en rends compte.
- Que tu aimes les bottes ?
- Oui, peut-être parce qu'elles sont rouges...
- Et qu'elle est à moto ?
- Oui, certainement...
- Et parce que c'est Stéphane Audran...
- Ce doit être ça.
- En fait, tu as toujours été fasciné par Stéphane Audran. Quoi qu'elle porte...
- C'est vrai qu'en nuisette dans l'autre film, elle est assez troublante...




- Se faire tromper par une telle femme, c'est une sorte de consolation...
- Tu dis parfois n'importe quoi, ma chérie. La seule consolation possible quand on est trompé...
- ...C'est de tromper à son tour...
- C'est ce qu'on croit, mais rien n'est moins sûr...
- Une chose est sûre en tous cas, on comprend qu'elle préfère Ronet à Bouquet...
- Bouquet est excellent en con.



- Et Ronet en amant !
- Certainement. Et la scène de la visite, quoi qu'improbable, est assez jubilatoire...


- C'est Paul Gégauff au scénario ?
- J'ai pas l'impression... Non, je viens de vérifier : ces deux films sont signés par Chabrol tout seul...
- Curieux. C'est quand même un peu dans l'esprit Gégauff...
- C'est pas lui qui est mort tragiquement ?
- Il a dit à sa copine du moment : Arrête de m'emmerder. Tue-moi si tu veux, mais arrête de m'emmerder. Quelque chose comme ça...
- Et la fille l'a flingué ?
- Oui, avoue que c'est une scène magnifiquement chabrolienne !
- Non, magnifiquement gégauffienne ! Ça fait peut-être partie de la légende du personnage...
- Une excellente dernière réplique si elle est véridique. Les Bonnes Femmes, c'est lui, non ?
- Ah oui ! C'est d'une cruauté incroyable...
- Et Audran y est encore exceptionnelle...
- C'est reparti !
- Que veux-tu ? Je suis un homme fidèle...

samedi 22 novembre 2014

Simenon, ça déménage

- T'as fini, là ? J'en suis toujours à la même page… Au même paragraphe !
- Mais, qu'est-ce que tu lis ? Tu as changé, tu ne lisais pas ça hier.
- Bien sûr que si. Regarde, page 68. 
- Et alors ?
- Ben, ça veut dire que je le lisais déjà hier.
- Et c'est quoi ce livre, il est tout petit ?
- Ben, un petit Simenon. Comme celui que je t'avais offert. Des rééditions dans ce format pour le centenaire de sa naissance, l'anniversaire de sa mort ou je ne sais pas quoi.
- C'est lequel ?