samedi 28 février 2015

Une leçon

Le film n'est certes pas parfait, mais cette magistrale ouverture me bouleverse à chaque vision. Quand je repense à certain cinéaste français arrogant et surcôté qui, il y a quelques années, l'avait plagiée, ou hommagée, c'est selon, en remplaçant l'irrésistible Audrey Hepburn par une de ces comédiennes fadasses et dépressives interchangeables, je regrette qu'il faille une fois de plus associer, selon le dicton, la non-mort et le ridicule... 

mercredi 25 février 2015

Implacable revanche


La France est fatiguée


Vous reprendrez bien un peu de délicatesse ?

Un autre ami qui connaît mon amour inconditionnel pour Luc Besson et qui se soucie peu de me déranger pendant mon travail, m'a envoyé ce montage-hommage au maître-sauveur du cinéma français, un génie sous contrat avec Canal et l'Etat. 


Vous reprendrez bien un peu de Gana ?

Un ami qui me veut du bien - il y en a -, et qui a la télé, m'a envoyé cette vidéo qui me fait extrêmement plaisir car cette intervention a peut-être donné envie ne serait-ce qu'à une seule personne de lire Fred Deux/Jean Douassot et son pavé magique, La gana, dont j'ai déjà parlé ici. Merci donc à ce dingue de François Cluzet et à ce cher ami. 

mardi 24 février 2015

L'amour, la vraie vie et l'autre


Nulle part ailleurs

- Qu'est-ce que vous attendez pour avancer avec moi ?
Comme si quiconque ayant deux doigts de jugeotte pouvait avoir envie d'avancer vers la mort, vu que c'est bien là et nulle part ailleurs que nous conduisent les heures... 

Antonio Lobo Antunes, La nébuleuse de l'insomnie

lundi 23 février 2015

Je passerais des heures à regarder les jambes d'une femme



Dans ce film de Barbet Schroeder, vu en 1987, le personnage de Faye Dunaway, écrit par Bukowski, déclare avoir eu de la chance côté jambes, mais être moins bien servi côté cervelle… Je me reconnais entièrement en lui. Sauf qu'il est rare qu'on me parle de mes jambes, qu'on me dise que c'est la première chose qu'on remarque en moi. C'est la seule différence, mais je reconnais qu'elle est de taille…  Sinon, je lui mettrais bien deux claques à ce reporter, mais c'est une autre histoire.

Monsieur Anatole

mercredi 18 février 2015

Soul Train



Rue aux Ours


- Eh bien, fils, tu parles tout seul ?
C'était Georgina, venue de la rue aux Ours, car elle aimait le « jus » de Rosembaum. Pauvre Georgina au cheveu d'azur chimique couvert d'un vaste béret blanc, aux lunettes en fer derrière lesquelles vous louchiez avec frénésie, à robe d'été dont l'imprimé éclatait d'aras aveuglants, plaquée sur une maigreur de bicyclette, aux jambes – deux parenthèses – ligotées par les ficelles des varices, pauvre Georgina, quels charmes vendiez-vous ? A quel prix ? A qui ?
Comme elle n'y voyait pas à deux mètres, elle souriait et clignait de l'œil, mécanique, toutes les trente secondes, à toutes les ombres, garçonnets, ménagères, ecclésiastes ou gardiens de la paix. 

samedi 14 février 2015

Hemingway

Si j'aime me promener autant dans le centre de Madrid, c'est non seulement pour y croiser de jolies filles, mais, avant tout, afin de retrouver quelques établissements présents dans la capitale depuis une éternité, l'illusion que le temps y est suspendu, que nous n'en avons pas subi ses ravages, que nous sommes toujours cet enfant émerveillé de découvrir la grande ville, ses enseignes étranges, ses lieux dans lesquels nous entrerons une fois adultes, comme dans un roman de Perez Galdos ou d'Ernest Hemingway... 

vendredi 13 février 2015

What We Talk About When We Talk About Love


La France des assistés



Dénonçant régulièrement un pays ne sachant gérer ses dépenses publiques, l'hebdomadaire Le Point oublie fréquemment de rappeler que, comme à bien d'autres titres dispensables, une moyenne de 4,5 millions d’euros lui est versée chaque année par l’État par le biais des aides à la presse, qui existent depuis plus de 30 ans ! 
Ces aides représentent parfois jusqu’à 12 % du chiffre d’affaires de ces journaux... Et sont peu efficaces puisque ces titres ne se vendent plus depuis longtemps.  
En septembre dernier, Sébastien Fontenelle a publié à ce sujet un petit essai réussi, remettant ainsi certaines pendules à l'heure, et bien entendu peu recensé. C'est aux éditions Libertalia et ça vous coûtera à peine plus cher qu'un de ces torchons. (8 euros !)



jeudi 12 février 2015

La vie dont je rêvais

Dans sa vie, tout l'amenait à pas lents vers la déception. Pourquoi ? Ce point me paraissait obscur pour le moment. Mais je repensais à cette phrase : « Il ne m'a pas offert la vie dont je rêvais ! » Cette phrase simple me troublait. Il ne me serait jamais venu à l'esprit de la prononcer. Avec une femme, je suis en route. La route ne m'appartient pas. Le monde ne m'appartient pas. Au contraire, ils me sont absolument incommensurables. Seules m'appartiennent certaines décisions pratiques, importantes au demeurant, et la disponibilité pour la poésie. Pour Claire, au contraire, un homme, c'est moins le compagnon lui-même que la route qui va avec. Un homme, pour cette femme, c'est comme une inscription à un voyage organisé dont le programme serait révélé au fur et à mesure. Dans ces conditions, il peut arriver que l'on soit légitimement déçu par le tour-opérateur.

De la culture populaire et de l'exigence

On le sait, notre ministre de la culture n'est plus à une fulgurance près. A la nouvelle du décès de Roger Hanin, dit Le beauf, elle déclare sans rire : « Il montrait bien ce que la culture populaire peut avoir d'exigeant : permettre de toucher un très grand nombre tout en ayant une véritable ambition de qualité », avant de préciser sa pensée : « Il était très proche d'un grand président de la République. » Effectivement, on comprend mieux ainsi.
J'ai grandi avec la culture populaire – surtout la variété et un certain cinéma. Je n'en éprouve aucune honte. Raison de plus pour souscrire à cet aphorisme de Frédéric Schiffter : « Les bonnes âmes qui plaident en faveur d'une "culture populaire" désirent que le peuple reste inculte. »

Un homme d'aujourd'hui

mercredi 11 février 2015

Esprit du 11 janvier à Béziers


De la liberté de la presse


Pierre Bergé, avec un mannequin, semble-t-il




Hier, à propos de Swissleaks, Pierre Bergé, patron du grand quotidien des marchés Le Monde, et ancien dirigeant d'Yves-Saint-Laurent, qui décidément n'en rate pas une, déclarait sur RTL contester les méthodes des journalistes ayant permis la divulgation de l'affaire. 
Il ajoutait, sans rire, « Ce n'est pas pour ça que je leur ai permis d'acquérir leur indépendance. Ce sont des méthodes que je réprouve. Je ne veux pas comparer ce qui se passe à des époques passées mais quand même, la délation, c'est la délation. C'est jeter en pâture des noms. »  
Dans la journée, l'associé de Bergé à la tête de la feuille vespérale, Matthieu Pigasse, également vice-président de la banque Lazard, souhaitait pour sa part « ne pas tomber dans une forme de Maccarthisme fiscal et de délation. »  
On attend encore la réaction du troisième mousquetaire propriétaire, Xavier Niel, également actionnaire, notamment, de Mediapart, Bakchich et Causeur. Niel devrait remettre un peu d'ordre dans la maison, lui qui, peu après le rachat du titre avec ses deux complices, déclarait : « Pour nous Le Monde est un bien commun. Il nous semblait important qu’il ne dépende à aucun moment d’intérêts politiques, financiers, ou confessionnels ». Pas de quoi s'inquiéter donc.

lundi 9 février 2015

La femme parfaite

DarkangelOne
Je pousse le sac sous le strapontin et mes fesses dessus, relève la tête et l'aperçois. Elle aussi. Le voyage commence à peine. 33 ans, blonde, maquillée comme les comptes de l'UMP, un bonnet lui couvrant entièrement le front, elle tient d'une main la barre centrale et de l'autre son petit-déjeuner, une viennoiserie dans un sac papier portant l'inscription du fournil devant le métro. Une doudoune sous une veste en laine synthétique, les jambes légèrement arquées, remarquées par le jean slim, des pieds en dedans aussi arqués, là par les talons hauts.

jeudi 5 février 2015