Affichage des articles dont le libellé est chanson italienne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est chanson italienne. Afficher tous les articles

vendredi 16 juin 2017

L'amour ne paie pas

On était sans nouvelles depuis un moment du grand Antonio de la Cuesta, plus connu sous le sobriquet de Tonino Caratone. Faux chanteur italien, mais vrai amoureux du pays de Renato Carasone dont il reprendra, à sa manière, Tu vuo' fa' l'americano sur son premier album, le Bel Antonio a découvert l'Italie dans les années 1990 en fuyant l'Espagne et le service militaire. Depuis, il traîne sa flemme et ses guêtres entre les deux pays avec la classe d'un beautiful loser. Il est vrai qu'il collabore parfois aux enregistrements d'autres chanteurs et groupes et qu'il a en temps normal suffisamment à faire avec les femmes, l'alcool et les cigarettes...
Cette chanson où il est question de femmes, d'amours, bues et fumées, et qui ne paient pas explique certainement son retour. Ce qui n'est pas pour nous déplaire... Chapeau l'artiste !



mercredi 30 mars 2016

Dans la poche d'un matin

Certes, la seule certitude de nos existences, c'est qu'un jour, elles s'achèvent. Qu'il n'y a pas d'âge pour cela. Pas de justice. Qu'il est parfois téméraire de saluer un ami en lui disant On se voit vite. Mais quand même…
C'était vers 2002-2003, Café de la danse. Moi qui ne fréquentais déjà plus les concerts, je m'étais précipité pour acheter deux billets. Je gardai ce soir longtemps en mémoire pour bien des raisons. Revenais régulièrement à ses chansons. 
Il m'avait fait découvrir la poésie d'Erri de Luca. Et celle de Fabrizio de André dont il aimait reprendre un ou deux titres par soirée.
De sa voix aux accents de feu de bois, aux rythmes jazz, rock ou folk, le chef de gare contait les histoires de gens de rien et autres migrants, les amours brinquebalantes, la vie aux champs ou à la mer, la couleur des saisons…
Gianmaria Testa avait 57 ans. 


vendredi 30 janvier 2015

Princesse

C'est l'histoire de Fernandinho, jeune brésilien persuadé que son corps était une erreur et qui décide de devenir Fernanda afin de pénétrer, si j'ose dire, l'univers du désir des hommes, en s'installant en Italie. Si j'ai bien compris, c'est en prison que Fernanda Farias De Albuquerque rencontre Maurizio Jannelli, membre des Brigades rouges. Leur liaison les incite à écrire, à quatre mains, l'histoire de Fernandinho/Fernanda, parue en 1994 et intitulée Princesa



Deux ans plus tard, le Gênois Fabrizio de André (1940-1999) en fait cette chanson que l'on trouve dans son dernier album, Anime salve et  dont je trouve une traduction sur internet. De André, poète anar, a toute sa vie chanté les petites gens (exclus, marginaux, pauvres, prostitués), parfois en dialecte, et traduit en italien Ferré, Brassens, Dylan ou Cohen.

Je suis la brebis je suis la vache
qui aime jouer aux animaux
Je suis la fille chemise ouverte
petits tétons à sucer.

Sous les yeux de ces arbres
dans le clair-obscur où je suis né
l'horizon précédant le ciel
était le regard de ma mère.

"Fernandino est comme une fille
il m'apporte le café et le tapioca au lit
et pour lui rappeler qu'il est né mâle
il y aura l'instinct il y aura la vie".

Et moi devant le grand miroir
je me cache les yeux avec les mains
pour imaginer entre mes jambes
une minuscule chatte.

Dans le demi-sommeil du bus
je laisse mon enfance paysanne
je cours vers la magie des désirs
je vais corriger le sort.

Dans la cuisine de la pension
je mélange les rêves avec les hormones
à l'aube il y aura la magie
il y aura des seins miraculeux.

Pourquoi Fernanda est-elle vraiment une fille
qui veut faire l'amour comme une fille
alors que Fernandino résiste et vomit
et se tord de douleur.

Et donc le bistouri pour les seins et les hanches
dans un vertige d'anesthésie
jusqu'à ce que mon corps me ressemble
sur la promenade du bord de mer de Bahia.

Sourire tendre de feuille verte
je retire mes mains de ses cheveux
quand les voitures braquent leurs phares
sur la scène de ma vie.

Où parmi des embouteillages de désirs
un mâle se pend à mes fesses
dans ma chair entre mes lèvres
un homme glisse l'autre se rend.

Fernandino est mort dans mon giron
Fernanda est une poupée de soie
ce sont les braises d'une seule étoile
qui éclate de lumière au nom de Princesse.

Maintenant Princesse offre son cœur
à un avocat de Milan
et une promenade récidiviste
dans la pénombre d'un balcon.

o matu (la campagne)
o cé¨u (le ciel)
a senda (le sentier)
a escola (l'école)
a igreja (l'église)
a desonra (la honte)
a saia (la jupe)
o esmalte (le vernis)
o espelho (le miroir)
o baton (le rouge à lèvres)
o medo (la peur)
a rua (la route)
a bombadeira (la modeleuse)
a vertigem (le vertige)
o encanto (l'enchantement)
a magia (la magie)
os carros (les voitures)
a policia (la police)
a canseira (la fatigue)
o brio (la dignité)
o noivo (le fiancé)
o capanga (le garde)
o fidalgo (le grand seigneur)
o porcalhao (le salaud)
o azar (la poisse)
a bebedeira (la cuite)
as pancadas (les coups)
os carinhos (les caresses)
a falta (le fiasco)
o nojo (le dégoût)
a formusura (la beauté)
viver (vivre)