Peu avant la tenue du Festival du livre de Paris, le
ministère de la Culture a publié une étude sur le livre d'occasion
reposant sur l'analyse de « panels de consommateurs », orchestrés par
des sociétés privées. On y apprend que ce marché a connu une nette
progression en comparaison avec celui des livres neufs imprimés, dont
les prix ne cessent d'augmenter –
sans parler de la qualité ou de l'intérêt de ces nouveautés. La lecture du
rapport est interrompue par une sieste bienvenue. Je rêve de l'époque bénie de ma jeunesse durant laquelle, sans un rond, même pour me payer un livre d'occasion, je volais mes lectures dans une grande surface culturelle…
Au réveil, je survole
la presse et découvre la dernière idée lumineuse de sa Majesté
Jupiter, une contribution bientôt demandée « aux acteurs de l'occasion »
afin d'éviter nous dit-on que ce type de livre, notamment vendu sur
les plateformes pourtant chères au président-philosophe de notre
start-up nation en dépôt de bilan, finisse par contourner la réglementation sur le prix
unique du livre.
En même temps, comme on dit, l'inénarrable ministre
de la culture annonce la création expérimentale de bibliothèques dans
les Habitations de longue maladie (HLM) et dans les zones rurales. Elle
souhaite ainsi rendre le livre accessible aux jeunes gens instagrammés dans ces lieux dépourvus de librairies, de médiathèques, de boîtes à lire et de livres d'occasion… Selon une autre étude publiée ces jours-ci, la lecture serait considérée par les plus jeunes comme une activité d'une autre époque. « A quoi ça sert de lire puisque plus personne ne lit ? », m'a récemment demandé sans rire une jeune fille de mon entourage.