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dimanche 30 juin 2019

Toujours plus loin


« On a évité de reculer mais nous devons aller beaucoup plus loin et nous mettrons toute notre énergie pour aller plus loin ».
Emmanuel « Champion du climat » Macron
27 juin 2019.

et le lendemain…

mardi 24 janvier 2017

Bonjour


Avez-vous pris votre petit-déjeuner ?

Patrik Ourednik, La Fin du monde n'aurait pas eu lieu,
éd. Allia, 2017, 10€



lundi 23 janvier 2017

Des écrivains


Plus il y a d’écrivains, plus il y a d’exaspération. Soit ils sont mauvais : leur nullité nous afflige ; soit ils sont bons : ce qu’ils nous disent nous accable.
Patrik Ourednik, La Fin du monde n'aurait pas eu lieu,
éd. Allia, 2017, 10€


Encore un peu d'illusion



Si la vie doit garder l'illusion d'un contenu quelconque, on se doit de la vivre dans l'intemporalité. Demeurer hors de leur temps est le drame joyeux des gens dotés d'un minimum de jugeote.
Patrik Ourednik, La Fin du monde n'aurait pas eu lieu,
éd. Allia, 2017, 10€


dimanche 22 janvier 2017

Imaginez…


Mes projets

Ecrire un livre sur la fin du monde était un projet qui datait de plusieurs années. J'avais déjà écrit une pièce de théâtre sur le même sujet. Elle s'intitulait Hier et après-demain. Mais c'est une obsession, dit ma femme quand j'évoquai l'idée de remettre ça.
Je ne crois pas. Mais je peux me tromper. Selon les psychologues, l'idée de la fin du monde permet d'accepter sa propre disparition. D'ailleurs, sans aller jusqu'à la fin du monde, la mort des autres est déjà apaisante, disent-ils : pouvoir se dire sur son lit de mort De toute manière ils vont tous y passer ces connards rendrait l'âme plus sereine.
A condition de ne pas croire en l'au-delà. Imaginez ! Imaginez ! Les retrouver tous !

Patrik Ourednik, La Fin du monde n'aurait pas eu lieu,

éd. Allia, 2017, 10€



samedi 21 janvier 2017

L’avenir du monde


L’avenir n’est plus ce qu’il était. Vous avez dû vous en apercevoir : l’avenir n’est plus ce qu’il était.
Dans le passé, l’avenir se déroulait principalement selon trois modes d’action.
[1] Le monde se terminait et tout recommençait à zéro pour un monde identique, version pessimiste de la plupart des croyances.
[2] Le monde se terminait dans un bain de sang effroyable et ultime et survenait alors un monde de félicité, version optimiste de certaines religions.
[3] Le monde ne se terminait jamais et la félicité, qui en était le ferment, allait grandissant jusqu’à la fin des temps, eux-mêmes renouvelables indéfiniment, version téméraire des fins de l’Histoire.
Mais au début du XXIe siècle, ces théories avaient vécu. Les prévisions avaient évolué. Tous les gens dotés d’un certain sens des réalités s’accordaient sur un point : quelle que soit la procédure envisagée, ça finira mal. Soit par un effroyable bain de sang suivi de rien du tout, hypothèse optimiste. Soit par des bains de sang un peu partout suivis par d’autres bains de sang un peu partout, indéfiniment, jusqu’à ce que l’univers se dilate suffisamment pour que sa densité atteigne une valeur infinie provoquant ainsi la destruction des galaxies et des pauvres hères qui les habitent. Certains observateurs y ajoutaient un élément complémentaire : l’abrutissement parallèle et jusqu’ici inconcevable de l’humanité.

Patrik Ourednik, La Fin du monde n'aurait pas eu lieu,
éd. Allia, 2017, 10€

samedi 29 octobre 2016

Plus belle sera la chute

Je me souviens rarement de mes rêves. Certainement en raison de ces insomnies chroniques. Quand je parviens à dormir, je suis trop fatigué pour me souvenir. Mais ce matin, lorsque le réveil sonna, j'étais encore étourdi par un songe étrange et trop facile à déchiffrer. Je faisais visiter notre maison à une personne que je ne parviens pas à identifier, mais peu importe. La maison ressemblait vaguement à ce qu'elle est en réalité - mais qu'est-ce que la réalité ? J'en faisais le tour du propriétaire et derrière le bâtiment, je montrais deux autres constructions totalement délabrées, pour ainsi dire abandonnées. Un paysage de pays en guerre. La première de ces bâtisses était vide, le ravalement oublié depuis des siècles. La seconde, en aussi piteux état, ne possédait plus de fenêtres. Par l'un de ces trous, on pouvait observer, au premier étage, une femme âgée, étendue sur un lit, le regard tourné vers nous - et offrant peut-être un sourire las. Il était question de la vétusté des lieux mais aussi de l'âge des bâtiments. Mon interlocuteur vantait la solidité de la chose, la structure en bois éternelle qu'il suffisait d'entretenir, lorsque je lui faisais remarquer la pluie de poussière qui tombait sur nous, trace incontestable du travail de sape des nombreuses vrillettes qui l'habitaient. Désespéré, je me tournai vers la gauche, distinguai une librairie et m'en approchais. La première salle ressemblait à un de ces commerces du livre tels qu'ils nous sont aujourd'hui donnés à voir, aux tables submergées de nouveautés, plus propres et plus merdiques les unes que les autres. A travers une ouverture, pareillement à une fenêtre absente, je repérai le rayon de philosophie. Je cherchai alors l'accès à cette deuxième salle, le trouvai au fond de la première et m'y précipitai. Mis à part ce rayon consacré à la philo, la salle était dépouvue de livres, de meubles, de vendeurs et de clients. Arrivé essoufflé devant le rayon convoité, je marchais sur un sol de carton qui m'engloutit aussitôt. Dans ma chute, je tentai de m'agripper à ce que je pus mais ne fit qu'entraîner dans ma descente des étagères entièrement remplies de bouquins - et pas que des poches ! - qui m'engloutirent définitivement. Oui, je me suis réveillé étourdi, nullement effrayé, mais soulagé, consolé, jaloux de mon tombeau...