Je me glisse dans ces pages ; la nuit s’ouvre et le visage d’une femme m’attire. Je m’avance vers elle ; j’entre dans sa chambre : elle disparaît. Est-ce que je la connais ? Il me semble que oui ; il me semble aussi qu’elle m’est inconnue : ce n’est pas contradictoire (je ne sais pas qui elle est / je ne connais qu’elle). La présence et l’absence sont une même chose : j’avance en fermant les yeux, et pourtant je vois. Des images s’allument en noir et blanc : elles m’accueillent. Je me laisse faire, comme si cette femme me tenait par la main (« Tenir quelqu’un par la main est ce que j’ai toujours attendu de la joie »). La nuit se photographie, la nuit s’écrit, nous avançons elle et moi (la nuit ? la femme ?) comme des amants qui se fichent du temps et de l’espace. Je marcherai toujours à ta recherche, même en rêvant, j’irai par des couloirs qui mènent à ton ombre, je serai toujours en feu pour toi.
Elle n’attendait personne, elle ne faisait que lire.
A l'aide de son appareil argentique, l'excellente photographe Carole Bellaiche est partie à la recherche d'un jeune couple. Sa quête, sous influence peréquienne, l'a menée de Paris à la Tunisie, terre de ses parents. Sa rencontre avec le romancier Yannick Haenel a mis des mots sur cette fiction poétique.
L'ouvrage, publiée par Gallimard, sera disponible dès demain dans les meilleurs trafiquants de livres.
Pour celles et ceux qui ont le malheur d'habiter la région parisienne,
consolez-vous, vous pourrez rencontrer l'amie Carole
et lui demander un petit hommage personnalisé
samedi prochain, à partir de 16 heures,
à la Nouvelle chambre claire
(3, rue d'Assas, dans le 5e,
métro Jussieu ou Cardinal-Lemoine)

































