Vient de paraître, de nouveau aux éditions Cassis Belli et comme il se doit en loucedé – bon courage pour le trouver dans vos échoppes préférées –, un inédit de l'ami Bukowski. Comme les deux précédents opus du vieux dégueulasse (Brûlé dans l'eau noyé dans les flammes et Oiseau moqueur souhaite-moi bonne chance), Pendu dans le Tournefortia est traduit par Christian Garcin et bien joliment édité.
N'en déplaise à Nick Cave, on se régale à sa lecture. La preuve :
Tu es un pleurnichard, dit-elle,
tu pleurniches quand elle n'appelle pas,
je te téléphone et tu t'es bourré la gueule au vin rouge.Je suis un bébé, dis-je, alors je n'arrive pas à comprendre
comment quelqu'un peut vivre sans moi.mon dieu, elle a dit, tu le penses vraiment ?
oui, j'ai dit.
oh mon dieu, tu es impossible, espèce de gros bébé au cul tout doux !
suce-moi et peut-être que je pourrai oublier, aide-moi
à oublier.
espèce de gros bébé au cul tout doux !je suis sensible, oui, comment quelqu'un peut-il vivre sans moi ?
elle a raccroché.
bon, j'ai pensé, il y en a deux qui peuvent vivre sans moi.
il pourrait y en avoir 2000, 2 millions, 2 milliards, 2 millions
de milliards.c'était l'une des pensées les plus déprimantes que j'avais eues
depuis des années.je suis allé dans ma chambre, me suis étiré et j'ai regardé
le plafond.
je me suis dit, bon, je peux me masturber, regarder la télé,
et puis il y a aussi le suicide.m'étant déjà masturbé deux fois ce jour-là,
il ne me restait plus que deux choix et
comme j'étais un gros bébé au cul tout doux j'ai
allumé la télé.




































