vendredi 16 novembre 2018

Le code

Claude Gassian


Je n’arrive pas à déchifrer le code
De notre amour congelé
Il est trop tard pour savoir
Quel était le mot de passe

Je tends la main vers le passé
N’arrive jamais à l’atteindre
Et tout ressemble
À un ultime recours

Certes on a dit qu’on s’en tiendrait là
Et il ne reste rien
Et pourtant j’entends mes lèvres
Faire ces promesses

Certes on a gaspillé la vérité
Et il n’en reste presque rien
On peut pourtant balayer la chambre
On peut encore faire le lit

Quand le monde sera faux
Je ne dirai pas qu’il est vrai
Quand les ténèbres appelleront
Avec toi j’irai

Quand viendra la honte
À l’heure de la grande Alerte
Quand ils appelleront ton nom
Bras dessus bras dessous nous irons

Leonard Cohen, The Flame,
Le Seuil, trad. Nicolas Richard

mercredi 14 novembre 2018

The end



Les livres ont les mêmes ennemis que l'homme : le feu, l'humide, les bêtes, le temps ; et leur propre contenu.
Paul Valéry

jeudi 8 novembre 2018

Beaucoup d'imagination



De temps en temps, une femme est un substitut convenable à la masturbation. Mais bien sûr, il faut beaucoup d'imagination.
Karl Kraus

samedi 3 novembre 2018

Vases communicants


Hiromu Kira

Je m'obstine à établir une différence entre imbécillité et intelligence, et ce n'est pas aussi facile qu'il y paraît.
Pour commencer, l’imbécillité humaine est si foisonnante qu’une bonne partie échoit aux êtres intelligents, qui l’utilisent avec plus d’agilité et de confiance que ne le ferait un imbécile. Les imbéciles s'obstinent à faire (et c'est bien) ou à dire (ce qui est moins bien) des choses intelligentes. En revanche, on voit bien que les intelligents font ou disent des imbécillités tout le temps, sans le vouloir. L'imbécillité et l'intelligence se trouvent comme dans des vases communicants, passant constamment de l'un à l'autre ; il arrive qu'elles se repoussent mais, en général, elles se mélangent bien et elles créent des amitiés, des relations, des alliances et des mariages qui ne s'expliquent pas, et dont les gens disent : mais comment est-ce possible ?

Augusto Monterroso, La Lettre e,
trad. Christine Monot, éd. Passage du Nord-Ouest

vendredi 2 novembre 2018

Dix ans




il descendait par l'escalier extérieur
une chambre aménagée dans le grenier
pareille à celle de ses dernières années
au-dessus du Gambetta ?
chez la voisine ?
je venais d'embrasser ma mère
et l'ai trouvé dans la cour comme je quittais
sa maison
nous nous sommes salués à peine
comme de son vivant
des siècles que nous ne nous voyions plus
nous avons franchi la grille ensemble
le temps d'un tour de clé, il remontait déjà 
la rue Edouard-Vaillant
les périodes sans travail étaient les plus 
étranges et angoissantes
je l'ai rattrapé sans mal
tous ces matins
après-midi
où allait-il ? 
au café, voir un ami, 
Antonio el largo ? Da Cunha ?
Sylvestre ? Le Polonais ?
El Málaga ? Chevalier ?
El Rafa ? El Miguel ?
chez une femme ?
La Mona ?
cette fois, j'étais là
nous ne savions jamais
d'où il revenait
j'ai passé mon bras sur son épaule
le toucher
il s'est tourné vers moi, comme pour me parler 
sans mots, la gueule en sang, 
sans dents
je l'ai serré contre moi
je voulais lui dire tout ce que je savais
tout le peu
depuis qu'il n'était plus là
ce qui je pensais l'avait éloigné 
de sa femme, de ses propres enfants
silence secret qu'il connaissait  
selon elle 
comment autrement ?
qu'il ignorait 
selon mon frère
la ville avait beaucoup changé
il avait besoin de moi
pour le guider
le bistro du coin n'existait plus
mais le brazza plus loin où
ma sœur et moi achetions
à ses anniversaires une boîte de cigarillos
une fois un cigare
était toujours là sous un autre nom
je crois
nous nous sommes perdus 
dans une autre vie
aujourd'hui il me reste dix ans
pour arriver
place de sa mort
j'aime mieux les rêves de casse
sur un scénario de Giovanni
ils m'évitent 
d'écrire ces idioties

jeudi 1 novembre 2018

Pour le plaisir


Elliott Erwitt

Le 28 octobre 1919, André Gide écrit dans son Journal
Hier, visite de Valéry. Il me répète que, depuis nombre d’années, il n’a écrit que sur commande et que pressé par le besoin d’argent.
- C’est-à-dire dire que depuis longtemps, tu n’as rien écrit pour ton plaisir ?
- Pour mon plaisir ? reprend-il. Mais mon plaisir est précisément de ne rien écrire. J’aurais fais autre chose que d'écrire, pour mon plaisir. Non ; non ; je n’ai rien écrit, et je n’écris rien que contraint, forcé et en pestant.

dimanche 28 octobre 2018

Avec Jean-Roger

J'entends passer le temps, Comme à Ostende, Monsieur William, Ne chantez pas la mort, Le Temps du tango…, « Quand on dit Caussimon on dit le verbe juste, la césure incassable et la rime comme un rappel de l'aventure et de l'idée première », affirmait Léo Ferré. Interprète de rôles et de chansons, poète, auteur dans l'ombre du grand Léo, et d'autres, Jean-Roger Caussimon s'est éteint un 20 octobre à Paris, sans exil fiscal et sans hommage national. L'été dernier, célébration confidentielle du centenaire de sa naissance et, la nuit dernière, bel effort de France culture qui nous livre une bonne partie de ses archives Caussimon dont un portrait en trois parties réalisé en 1969.









Et en supplément, ce petit docu des familles, à la mise en scène improbable, et indispensable. A la vôtre !

mercredi 17 octobre 2018

Peu importe

André Kertész


et j'avais des pensées sans compter
flambant l'eau de vie dans mon café
à l'ombre du bistro d'en bas
un puzzle géant dont j'ignorerai à jamais
peu importe
les pièces manquantes 
suintant l'humidité ressassant
des histoires et des breuvages
à vomir sans vous
de sas en salles des pas perdus 
un film de plus
perclus parmi les ivrognes les insomniaques
les illuminés
obsédé par tous ces mots ces phrases
brusques frasques obscènes et sauf lorsqu'elle me frappait
vous me trouviez titubant 
sur un pied 
à terre m'enfonçant un peu plus dans
l'aisance la suffisance et la souciance
noir au comptoir comme ces papillons
que j'accueillais sans me défiler 
épuisé par vos blagues grasses
des matinées sans trève ni jeûne
rideau sur la vie devant moi 
je sais que j'ai passé l'âge
et ne serai jamais intelligent 
mon cher Pe Cas Cor
aussi écrirai-je encore
des conneries dont tout le monde
se fout
qué más da
Charles Brun

lundi 8 octobre 2018

Ni moi ni un autre


On nous l'avait promis un soir, dans l'euphorie sombre d'un hommage Maison de la poésie, sceptique, on se refusait d'y croire… C'est désormais annoncé : dans trois jours, on pourra lire dans la blanche quelques uns des textes noirs et magniques qu'Hervé Prudon balança du haut de sa tour face à la Santé et à la mort. 


il ne fera ni jour ni nuit
ni chaud ni froid
je ne serai ni moi
ni un autre
sans âme et sans substance
je ne serai ni le feu ni le vent
ni la pierre ni l’arbre ni l’animal
ni la lumière ni les ténèbres
de moins en moins l’absence
et rien de plus en plus
jusqu’à ce que rien ne dure


il fait chaud en flanelle
on boit du thé à la cannelle
libres ailleurs des chevaux s’ébrouent
sur les herbages du delta large
ici des fleurs coupées se fanent
les steaks sous cellophane le bœuf s’étouffe
dessus le ciel vibre de nuages et de vents
de couleurs et de pluies
l’œil éternel s’ennuie
nulle part personne
ne se soucie du cri des hommes

j’assiste à ma mort triste et douce
à Paris tandis qu’ici et là j’entends qu’on veille
à grands cris au sort des bêtes sauvages
de l’abattage des cochons de la prolifération
des bactéries autant d’infos dont je me fous
moi j’aimerais juste sans penser à mal
ni à moi avoir moins mal de moi
et penser plus aux autres bêtes, cochons et bactéries
participer à la souffrance et l’insouciance
universelle si ce n’est pas trop demander sinon
me taire encore serrer les dents que je n’ai plus
et les fesses et le cul moins chair que trou
et vivre plus vite que peu ou prou



Hervé Prudon, Devant la mort, Gallimard

mardi 2 octobre 2018

On ne vit qu'une heure

Faire de la poésie, c'est finalement écouter. On écoute une espèce de rumeur qu'on a en soi qui est provoquée par la pulsation du cœur, les secousses de la matière grise. C'est facile, il suffit d'être réceptif.




Ma quête n’avait qu’un cap : c’était moins l’histoire de Brel qui m’intéressait, ni l’exégèse de son œuvre, que cette question simple : que reste-il du Grand Jacques dans la France ratatinée d’aujourd’hui ? De quoi le pays était-il le nom et lui le non ? Brel qui m’avait tant aidé à quitter le pays, à aller voir, comme il le professait tant, à aller loin, à rester toujours instable ; peut-être pourrait-il me soutenir dans mon retour. Il me devait bien ça, après tout. Il n’y a pas de poète innocent.

David Dufresne, cador du documentaire, signe son retour d'exil et présente en ces termes On ne vit qu'une heure, sous-titré Une virée avec Jacques Brel, fausse biographie, véritable errance en France dite profonde, celle habituellement boudée par les médias — hors faits divers —, désertifiée par le patronat et les actionnaires, peuplée d'électeurs frontistes (comment dit-on désormais ?), et de gens de rien (Ah, Christophe, son camion pizza et son boulot à l'usine !) qui souvent sont bien plus que ceux chéris par les sunlights. Vesoul, Haute-Saône, aujourd'hui commune du Grand Est. Vesoul, ville-monde. Son livre nullement nostalgique calque ce que l'on sait des soirées post-récitals du Grand Jacques (1.80 m), loin de la foule et des caméras, à la rencontre des autres, simples figurants d'une existence ou personnages d'une prochaine chanson et qui, tous, pourront affirmer sans mentir : « Brel, je l'ai bien connu »... 





jeudi 27 septembre 2018

Cher éditeur



Espèce de con intégral putain d'enfoiré de mes deux
tu crois vraiment qu'un travail d'écrivain – 
mon travail – se résume à une sorte 
de truc
mécanique 
jetable
un tour de passe-passe au clavier ?
Tu t'imagines qu'un roman peut s'improviser en play-back dans un programme d'ordinateur
– que c'est comme battre un jeu de cartes ou taper
une putain d'adresse GPS sur le tableau de bord
de ta berline BMW bleu pastel
à quatre-vingt-dix-mille dollars ?

La prochaine fois qu'on se rencontre
cher pignouf de sous-homme d'éditeur
et que je te soumets un texte
je pourrais peut-être sauter sur ton bureau et presser
le canon d'un flingue
entre tes yeux écartés
qu'on ait une conversation authentique
sur ce que je fais en tant qu'artiste
à savoir
me découper la bidoche et en recouvrir de morceaux saignants
la page afin que le premier venu
sous réserve d'être suffisamment ouvert ou intéressé
pour connecter son esprit
avec le mien
puisse voir à l'intérieur de mon
cœur

Crois-le ou non
éditeur de mon cœur
je n'en ai rien à branler que mon dernier recueil de nouvelles
jure avec ton programme de l'année prochaine

Mais sois sûr d'une chose :
je continuerai de faire ce que j'ai toujours fait
– m'ouvrir autant que j'en suis capable
et m'arracher 
ma vanité mes illusions
couche après couche
et explorer et proférer ma plus profonde 
ma plus intime vérité
jusqu'au jour 
où ma femme
et mon gosse
recouvriront mon corps de neige carbonique
avant de me coudre les yeux
les lèvres
et de balancer mes restes puants
à la mer
du haut de la jeté de Santa Monica

Et une dernière chose cher éditeur :
merci
encore
d'avoir
pris
autant de temps
pour
examiner
mon
travail.

Dan Fante, in Bons baisers de la grosse barmaid,
trad. Patrice Carrer

mercredi 26 septembre 2018

La prochaine fois


Thierry Valencin


et, j’ai dit, tu peux prendre tes riches oncles et tantes
et pères et grand-pères
et tout leur foutu pétrole
et leurs sept lacs
et leurs dindes sauvages
et les bisons
et tout l’Etat du Texas,
tes fêtes à la con
et tes promenades du samedi soir
et ta bibliothèque du merde
et tes conseillers municipaux véreux
et tes pédés d’artistes
tu prends tout ça
et tes hebdomadaires
et tes fameuses tornades,
et tes pertes dégueulasses
et tous tes chats qui miaulent
et ton abonnement à Time,
et tu te les mets où je pense,
ma chérie.

Je peux encore manier la hache et la pioche (je crois)
et je peux encore ramasser
25 billets pour un combat de 4 rounds (peut-être);
d’accord, j’ai 38 ans
mais un peu de teinture effacera le gris
de mes cheveux ;
et je peux toujours écrire un poème (parfois),
n’oublie pas ça, et même si
ça ne paie pas,
c’est mieux que d’attendre la mort et le pétrole,
et chasser les dindes sauvages
et attendre que le monde
commence.
très bien, sale clodo, elle a dit,
tire-toi.

quoi ? j’ai fait.

tire-toi, t’as piqué
ta dernière crise.
j’en ai marre de tes crises :
tu ressembles tout le temps à
un personnage d’une pièce d’O’Neill.

mais je suis différent, ma chérie,
j’y peux
rien.

t’es différent, très bien !
et comment, t’es différent !
claque pas
la porte
en partant.

mais, ma chérie, j’aime ton
argent !

t’as pas dit une seule fois
que tu m’aimais !

qu’est-ce que tu veux ?
un menteur ou un
amant ?

tu l’es pas non plus ! dehors, sale clodo,
dehors !

mais ma chérie !

retourne à O’Neill !

j’ai refermé doucement
la porte et je suis sorti
en pensant : tout ce qu’elles veulent
c’est un pantin
qui dise oui et non
qui se penche au-dessus du feu et
ne foute pas trop le bordel ;
mais tu ne rajeunis pas,
mon vieux ;
la prochaine fois tâche de la
fermer
un peu.


Charles Bukowski, Avec les Damnés,
trad. Michel Lederer (?)

dimanche 23 septembre 2018

Georges, Fred, Popo et Léon


Ce que j'écris est à lire dans un train, par un voyageur qui s'ennuie, et qui trouve sur la banquette, oublié, un de mes bouquins.

Ces dernières nuits, France culture ressortait de ses placards quelques archives remarquables dont le fameux entretien de 1976 avec Georges Perros, déjà signalé ici, dont on retrouve le texte dans le superlatif recueil publié en Quarto-Gallimard.
 












En 1953, Fred Deux, ou Jean Douassot, revenait sur les lieux de son enfance, la cave de Boulogne-Billancourt, décor de son fabuleux récit La Gana. En 2001, à l'invitation d'Alain Veinstein, il évoquait cette expérience, ses retrouvailles avec Popo, un régal…


On ne manquera pas, par ailleurs, de télécharger l'ensemble (200 heures) de cette autobiographie sonore ici.


Enfin, le rare insoumis Léon Werth était le sujet en 2006 d'un numéro de Tire ta langue, à l'occasion de la publication de la biographie de l'auteur de Déposition, signée Gilles Heuré.


jeudi 20 septembre 2018

Le pire et le meilleur


hôpitaux et prisons
c’est ce qu’il y a de pire
asiles de fous
c’est ce qu’il y a de pire
maisons closes
c’est ce qu’il y a de pire
allées boueuses des taudis
c’est ce qu’il y a de pire
lectures de poèmes
concerts de rock
galas en faveurs des invalides
c’est ce qu’il y a de pire
obsèques
mariages
c’est ce qu’il y a de pire
défilés
patinoires
partouzes
c’est ce qu’il y a de pire
minuit
trois heures du matin
six heures moins le quart dans l’après-midi
c’est ce qu’il y a de pire
flotter dans le ciel
ouvrir le feu sur les patrouilles de police
c’est ce qu’il y a de meilleur

songer à l’Inde
tomber sur un distributeur de pop corn
regarder le taureau foncer sur le torero
c’est ce qu’il y a de meilleur

voir trente-six chandelles
un vieux chien se grattant
des cacahuètes dans un sachet de papier
cristal c’est ce qu’il y a de meilleur

atomiser des cafards
enfiler des chaussettes propres
chier sans suppositoires
c’est ce qu’il y a de meilleur

se retrouver attaché à un poteau d’exécution
jeter du pain aux mouettes
couper des tomates en tranches
c’est ce qu’il y a de meilleur

mes mains mortes
mon coeur mort
silence
c’est l’adagio des rochers
et le monde qui s’enflamme
c’est ce qu’il y a de meilleur
pour moi.


Charles Bukowski, in L'Amour est un chien de l'enfer,
trad. Gérard Guégan,
corrigée sur un mot

mardi 18 septembre 2018

A la maraude


Christophe Lecoq


nous respirons le même air vicié
nous parlons la même langue
mêmes mœurs
mêmes distractions
mêmes soucis
nous tournons en rond
ce que l'on appelle une patrie
né ici, mort là
grand bavardage entre-temps

Remarquable recueil publié par les éditions des Cendres et l'Enssib, dans la collection Cas d'école, Paris à la maraude impressionne et réjouit. Il est constitué d'une partie des archives d'Henri Calet, déposées en 1970 à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet par Christiane Martin du Gard, dernière compagne de l'auteur de Monsieur Paul. Impresionnant car c'est un beau fatras de documents de toute sorte (programmes de cabarets, cartes postales, coupures de presse, collection de citations en provenance d'ouvrages documentaires sur Paris et le petit peuple par exemple, mais aussi d'œuvres littéraires, photos personnelles dentelées de blanc…, et bien entendu des feuillets de notes et de textes souvent incomplets, chargés d'une poésie drôlement désespérée…)
Réjouissant car tout cela dormait depuis belle lurette sur des étagères et que l'on peut ainsi percevoir le projet fou sur lequel Calet travaillait au cours de ses dernières années, un livre en limaçonnage sur la capitale, à pied, en métro ou en bus, seul ou accompagné, au cœur et à la périphérie d'une ville qui n'existe plus. Epuisé par les péripéties d'une existence chaotique et sans le sou, d'une santé fragile, multipliant les piges pour quotidiens et magazines, Calet ne parviendra pas au bout de cette dernière aventure littéraire dont on peut désormais se faire une idée.
Certes, ça coûte un bras, 32 euros, mais rares sont les ouvrages offrant cette qualité de fabrication et d'édition – passionnante et passionnée préface de Michel P. Schmitt, qui par ailleurs prépare une bio de Calet. En somme, à peine le prix de deux bouquins de rentrée littéraire barbants, gerbants et surmédiatisés, pour cent fois plus de littérature et de bonheur !

Grand merci à l'inestimable L.W.-O. de m'avoir signalé cette publication…

dimanche 16 septembre 2018

Ridicules

Ce ne sont pas nos défauts qui sont ridicules, mais le soin que nous prenons à les dissimuler et à feindre d'en être épargnés.
Giacomo Leopardi

samedi 15 septembre 2018

Alternative fâcheuse



Celui qui ne sait point recourir à propos à la plaisanterie, et qui manque de souplesse dans l’esprit, se trouve très souvent placé entre la nécessité d’être faux ou d’être pédant : alternative fâcheuse à laquelle un honnête homme se soustrait, pour l’ordinaire, par de la grâce et de la gaîté.

Chamfort