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vendredi 11 février 2022

Comédie ?

 

Lynn Saville


 

 

Une femme ne trouve jamais très intelligent l'homme qui l'aime. 

 

Je n'ai jamais écrit une lettre d'amour sans me rebeller, en l'écrivant, contre ce que j'écrivais. 

 

Il est dangereux de trop répéter à sa maîtresse qu'elle est jolie. C'est courir grand risque qu'elle prenne envie d'aller se le faire dire ailleurs. 

 

C'est un grand malheur pour un homme arrivé à un certain âge d'être resté jeune pour l'amour. Tout bonheur est impossible pour lui. Il pense sans cesse aux réflexions que sa maîtresse fait sur lui. Il voit partout en elle, dans le moral et dans le physique, la feinte, la contrainte ou l'intérêt. Au milieu des plus charmants abandons, ce mot lui vient tout bas : comédie ? 

 

L'amour est souvent une partie où chacun des deux joueurs, tour à tour, croit qu'il va perdre et se hâte de corriger son jeu. 

 

Il n'y a pas que les filles publiques. Il y a les filles bourgeoises. 

 

Il faut avoir diablement aimé les femmes pour les détester.

 

 

Paul Léautaud, Propos d'un jour, Mercure de France

mercredi 13 septembre 2017

Victor Hugo m'a tapoté la joue


Pour tous ceux (et toutes celles, bien sûr) qui ne possèderaient pas les CD de la chose, ou leur transcription sur papier, la Chaîne nationale, pardon, la France Culture macronique rediffuse les fameux Entretiens de Robert Mallet avec Paul Léautaud. Ça se passe la nuit depuis lundi dernier, soit dix épisodes d'un peu plus d'une heure, et c'est à télécharger, en fouillant ici dans les pages de l'émission.
En primeur, pour la poignée d'égarés habituels de ce blogue, et pour tous les autres, les deux premières diffusions (la suite, cette nuit) :


samedi 22 avril 2017

Mille nuances de tendresse





Ensuite elle a pris son bain. Je me suis assis à côté de sa baignoire. C’est vrai ce que je lui ai dit des mille nuances de tendresse que me font éprouver certaines de ses façons de me faire plaisir, de se montrer tendre elle-même. Pour la première fois de ma vie, je trouve une femme à qui pouvoir parler de cette sorte. J’ai même fini par tourner cela en plaisanterie, en disant qu’il m’arrivera peut-être, moi qui ai toujours célébré uniquement le derrière, de tomber dans l’amour platonique, en quoi m’aidera la nature un jour en me supprimant tous moyens.
Paul Léautaud, Journal particulier 1935

lundi 3 avril 2017

Je n'aime pas les complications

André de Dienes via Louxo's Enjoyables

En 1949, Paul Léautaud s'exprimait pour la première fois devant un micro, paraît-il. A l'initiative d'André Gillois et ses collaborateurs, dont Emmanuel Berl. C'était pour la Chaîne Parisienne. Et France culture a rediffusé ce moment truculent cette nuit. A écouter ci-dessous ou à podequaster sur le site de la radio publique.



mardi 23 juin 2015

Hot news

Size matters

En vitrine du restaurant japonais devant lequel je passe chaque jour de travail, une grande pancarte affiche le prix des menus. 12 euros pour les adultes, 8 euros pour le menu enfant. Petite précision pour ce dernier, entre parenthèses : moins d'1m20.

Retour à l'équilibre

Je rencontre cette fille, sublime, légèrement déséquilibrée. Elle me dit que ça allait mieux. Toutes ces épreuves - viol à peine sortie de l'enfance, délinquence juvénile, errance, drogues, alcoolisme, père de son enfant volatilisé la veille de l'accouchement -, elle commençait à les surmonter grâce à son psy. Un type très drôle qui lui faisait voir les bons côtés de la vie, qui l'appelait chez elle pour prendre des nouvelles. Et puis, la semaine dernière, elle se rend à sa séance. Porte close. C'est par une autre patiente qu'elle apprend que le psy s'est suicidé. Elle me demande ce que je bois. 

Démolition de l'usine à fiction

Lecture d'une série noire, hautement recommandée ici et là, son auteur devenu une référence en l'espace de deux bouquins. Le récit se déroule à Los Angeles, une démolition déréglée du système hollywoodien. Je ne sais si j'irai au-delà de la page 40. Suis-je trop sensible ou plutôt insensible à la métaphore qui fait de deux des personnages principaux des amoureux incestueux, l'un avec sa soeur, l'autre avec sa fille, se noyant ainsi parfaitement dans une industrie de petites et grosses combines entre copains et coquins ? Un sordide trop propre, fric, partouzes, flingue, drogues et vidéos, trop plein de scandales convenus, une mécanique trop parfaitement huilée, ça me glisse des mains tous les soirs. 


Silence

Le téléphone annonce un nouveau message et elle s'emporte. Il suffit qu'elle monte coucher sa fille pour que les SaimeS se multiplient. Je pourrais au moins être discret, mettre l'appareil sur silencieux. Je n'ai rien à cacher. C'est ma fille qui me fixe un rendez-vous pour demain. Elle s'excuse, c'est parce qu'elle m'aime qu'elle est sous l'emprise de la jalousie. Je chope un livre de Léautaud et lui lis ce propos d'un jour : La jalousie est le signe du manque de fatuité, du sens critique, de l'intelligence en amour. Un sot vaniteux n'est jamais jaloux. 
Elle remonte, rassurée. Et moi, je me demande pourquoi son téléphone reste en permanence en mode silencieux...

Seul contre toutes

Rebellion des footballeuses de l'équipe d'Espagne après une Coupe du monde ratée. Elles ne supportent plus le sélectionneur national, un vieux de la vieille, en place depuis 27 ans ! Grand déballage dans la presse. Manque de sérieux dans la préparation de la compétition, machisme, paternalisme, mépris, tout y passe. « Y’en a pas une pour se comporter en femme et me faire un petit café ? » C'est le genre de blague qu'affectionne le personnage qui se cramponne, si j'ose dire, à son poste et refuse de présenter sa démission malgré un front composé de 23 joueuses solidaires. 


Erreur de casting

James Horner, compositeur de la BO de Titanic, meurt dans un accident d'avion. 

lundi 12 janvier 2015

Des livres à la télévision !

Je vous parle d'un temps où l'aventure, à la télévision, consistait à parler de littérature et d'amitié. Michel Polac était aux manettes. Ici, Georges Brassens et son pote René Fallet parlent de Musset, Courteline, Jules Renard, Léautaud, Charles-Louis Philippe, Claude Tillier, Marcel Aymé, André Gide, Mark Twain, etc. 
J'aime cette réflexion de Fallet : « L'ennui des chefs-d'œuvres, c'est qu'on a pas envie de lire les chefs-d'œuvres ». Combien de ces "textes sacrés" m'ont intimidé et continuent à le faire ? La peur de ne pas être à la hauteur… Est-ce justement parce qu'elles donnaient envie de lire que ces émissions ont disparu ? « Ceux qui aiment cherchent », nous console Brassens. On aimerait qu'il en soit toujours ainsi.






Brassens, pour moi, c'est avant tout cette chanson qui m'a accompagné aux temps des amours maladroites et désespérées… Le texte est d'Antoine Pol (1888-1971).