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jeudi 14 mars 2024

Sois gentil

Angelique Hagenaar


— Je vais te dire ce qui va se passer. Je vais faire valser mes fringues et te pousser sur le lit pour te bouffer ta BITE DE PETIT CHIEN LUBRIQUE et toi, tu en redemanderas petit SALOPIAUD, tu hurleras ta mère OH OUI, SUCE-MOI JUQU'A LA MOELLE. Ensuite, je vais m'asseoir sur tes lèvres, et empoigner tes cheveux pour que tu t'écrases le nez sur ma CHATTE, t'aimes ça ? Hein ? TU L'AIMES MA CHATTE ? HEIN ? PETIT CLÉBARD, VAS-Y, BOUFFE-LA-MOI SALOPARD ! Après, je ferai un petit saut de cabris pour m'empaler sur ton braquemart. JE VAIS TE VIDER LES COUILLES POUR UN MOIS, TU VAS TOUT ME DONNER, ESPÈCE D'ENCULÉ, JE VAIS TE DÉMONTER JUSQU'À PLUS SAVOIR QUI T'ES ! Je te donnerai une bonne avoine pour que tu comprennes bien que c'est moi qui mène les affaires. Je ralentirai un peu, je me dégagerai complètement pour que ton gourmi devienne un petit animal éploré, tu me diras VAS-Y, REVIENS JE T'EN SUPPLIE, OH OUI, DÉFONCE-MOI. Je calmerai les assauts du 4e de cavalerie, et puis, hop, ça repartira par un petit coup de pelleteuse. Et à nouveau, se dégager de toi, pour que ça devienne insupportable, une torture, T'EN PEUX PLUS, MON SALAUD, HEIN ?! T'ES AU BORD DE L'EXPLOSION, HEIN ?! TU VEUX TOUT DONNER, HEIN ?! Après ça, je te renverserai dans le lit tel un Zarak des grands soirs pour que tu te retrouves en missionnaire au-dessus de moi en te cravachant les fesses et que tu me donnes TOUTE TA GICLÉE DE FOUTRE SUR LA CHATTE ET LE VENTRE !!

— …

— Voilà, tu vois, moi aussi, je peux parler comme dans un film porno. Regarde, ça ne te fait même pas bander. Alors, sois gentil, arrête de m'emmerder avec cette histoire de se dire des trucs crus pendant qu'on baise.

 

 

 David Thomas, Partout les autres, Points


jeudi 3 mars 2022

Avec les yeux

― ...J'étais chez lui hier soir... Tu te souviens, dernièrement, il m'a reproché de ne jamais, alors que nous sommes ensemble depuis plus de dix ans, lui poser de questions sur les livres qu'il lisait, les spectacles, les films qu'il voyait...
― Oui, je m'en souviens...
― J'ai donc demandé hier s'il avait de la musique. A quoi il a répondu qu'il n'en écoutait jamais. J'étais étonnée, c'est étrange, les gens qui vivent sans musique... J'ai un peu insisté. Il possède une dizaine de CD, bien planqués. Des compilations de variétés des années 80/90. C'est pour les soirées, me dit-il, je n'écoute jamais ça... Il y a plusieurs années, je lui avais offert un album de Bashung. Il m'avait écrit qu'il l'avait écouté attentivement plusieurs fois, l'aimait beaucoup et m'avait vivement remerciée. Eh bien, je l'ai trouvé, le disque que je lui avais offert. Et figure-toi qu'il était toujours sous cellophane. Les bras m'en sont tombés ! C'est incroyable
 ! Eh bien, maintenant, tu sais, s'est-il contenté de dire, le débat était clos...
― C'est un peu pathétique, non ?
― Il m'avait raconté n'importe quoi... Je me suis demandé si tous ces mots d'amour qu'il m'a écrits durant toutes ces années n'étaient pas aussi du même calibre.
― Les mots d'amour sont des mensonges.
― Tu crois ?
― Non.
― Alors ?
― Je ne crois pas, j'en suis certain. Les mots que nous utilisons pour exprimer des sentiments ne peuvent être qu'approximatifs, à côté de la plaque, d'autant plus lorsque nous les écrivons. Nous avons besoin de nous raconter des histoires, de prononcer certains mots, de les entendre, les lire… Personne n'a la sagesse de se contenter des mots qu'on dit avec les yeux…
― Il n'y a que des livres chez lui, des murs entiers... Il a besoin des mots, de la parole sans cesse. Lors du dîner, après l'amour, je ne sais plus ce que j'ai dit, mais il m'a interrompu en affirmant qu'il s'était justement tu pour compter le temps que j'allais mettre avant de dire quelque chose... Tu entends ça ?
― Ton amant est un cérébral. Et, si je peux me le permettre, un crétin.
― On n'est pas obligé de parler constamment
 !
― Non, il y a un trop plein de mots. Surtout sur papier...
― Je lui ai rappelé notre rencontre.
― Il ne s'en souvenait plus ?
― Si, mais je lui ai dit combien j'avais eu alors l'impression de passer un entretien d'embauche. Il voulait connaître ma formation, les études que j'avais faites... Je voulais savoir quel était ton parcours intellectuel, rien de plus normal. Je n'avais pas, comme lui, et ses amis, fait de grande école, mais une fac publique, et je travaillais à mon compte. Ce qu'il ne pouvait pas comprendre. Et qu'il ne comprend toujours pas. 
― Il a beau dénoncer le libéralisme, le fonctionnement de la bourgeoisie...
― ...Il le dénonce parce qu'il le connaît bien.
― Et que lui-même fonctionne ainsi. L'éternel entre-soi…
― Oui, je ne suis pas du même moule, pas assez bien pour lui…
― C'est pourquoi tu resteras toujours sa maîtresse de l'ombre et ne seras jamais son officielle, comme on dit…
― Oui, c'est ce cellophane qui me l'a enfin fait comprendre, après toutes ces années…
― Vive Bashung !
― Vive Bashung !
― Soirée instructive, donc… Tu as passé la nuit avec lui ?
― Pas du tout. Vers 23h, il est allé faire la vaisselle…
― Un homme moderne tout de même.
― Il m'a commandé un taxi. Il avait du travail, devait également lire ses tweets…
― Lire ses tweets ?
― Oui, enfin, passer du temps sur twitter… Lui, ne tweete pas, il suit des comptes… Il est accro, avoue-t-il, il faut qu'il se connecte tous les matins et tous les soirs…
― Je le comprends.
― Toi aussi, tu es accro ?
― Certainement. Mais je pensais à autre chose. A cette étroitesse d'esprit de sa classe sociale.
― Quel rapport avec twitter ?
― Comme tu l'as dit, on y suit des comptes, que nous avons choisi de suivre, qui nous correspondent, avec qui nous avons des affinités. Et finalement, cet autre entre-soi, virtuel, ne fait que nous conforter dans nos idées, nos centres d'intérêt, notre petit confort intellectuel. Notre étroitesse d'esprit. 
― Je n'aurais jamais dû te raconter tout cela…
― Pourquoi donc ?
― C'est comme si je sortais d'une séance chez mon psy. Avoir mis des mots sur cette soirée me la rend encore plus déprimante.
― Paie ta tournée, ça revient moins cher que s'allonger sur un divan. Un jour, tu me remercieras. Tu seras passée à autre chose, et tu te souviendras de nos séances…
― Tu as certainement raison.
― Ne tarde pas trop tout de même. On ne sait pas si une pluie de missiles ne va pas tous nous anéantir d'ici peu…
― Tu as vraiment un don tout particulier pour remonter le moral de tes amis…

 


mardi 25 août 2020

Allez, ouste !


savage eyes
— Merci.
— Comment ça, « Merci » ?
— Pour les orgasmes.
— Vous plaisantez ?
— Vous ne les avez pas sentis ?
— Sentis ?... Si, il me semble, mais...
— ...Ben, alors ?
— De là à remercier...
— Vous savez, c'est rare...
— D'avoir un orgasme ?
— Oui.
— N'exagérons rien.
— Je vous assure. Et plusieurs orgasmes, c'est d'autant plus rare...
— Ah bon..
— Surtout lorsqu'il s'agit de deux personnes qui baisent pour la première fois. En fait, j'ai même failli vous demander pardon...
— « Pardon » ?! Pourquoi donc ?
— Parce que je n'ai pensé qu'à mon plaisir.
— ...
— Vous ne pouvez pas savoir les mecs, d'habitude... Enfin, bref...
— Racontez...
— Ben, d'habitude, ils pensent davantage à eux qu'aux filles. Avec vous, j'ai senti que j'avais une ouverture, et décidé, égoïstement, de ne pas vous attendre, de jouir, seule, plusieurs fois même.
— Vous avez eu entièrement raison. Je n'y vois aucun inconvénient.
— Ne croyez pas ça, y'a des mecs que ça perturbe beaucoup.
— Ah oui ?
— Je peux vous certifier que ça peut en bloquer plus d'un...
— Parce que ça les détourne de leur objectif ?
— Ne rigolez pas, vous ne pouvez pas savoir...
— Les pauvres...
— Vous êtes toujours aussi performant ?

— Performant ?
— Oui, vous donnez toujours autant de plaisir aux filles ? Dès la première fois ?
— Je ne sais pas, vous me prenez au dépourvu. Je ne tiens pas de livre de comptes. 
— Vous ne devez plus vous sentir, là...
— Parce que vous m'avez exprimé de la reconaissance ?
— Oui, ne vous formalisez pas, c'est venu comme ça. C'était sincère, on n'en parle plus. Je suis comme ça, franche du collier comme on dit.
— Pas que du collier...
— Comment ça ?
— D'ailleurs aussi...
— Je ne comprends rien...
— Pas grave, ça n'a aucun intérêt. 
— Si, expliquez-moi.
— Je suppose que ça aussi, c'est rare, pour deux personnes qui couchent ensemble pour la première fois.
— « Qui couchent ensemble » ? Des années que je n'ai pas entendu une expression pareille. Qu'est-ce qui est rare ?
— Comprendre lorsque l'autre déconne, fait un peu d'humour...
— Moi, l'humour, c'est pas mon truc. Mais expliquez votre blague, je ne veux pas mourir idiote.
— Ni mal baisée, apparemment... Ecoutez, ça n'a vraiment aucun intérêt. Je ne m'en souviens déjà plus : une blague, ça ne s'explique pas. Vous saisissez sur le moment ou pas. 
— Ouais, y'a autre chose que j'ai envie de saisir !
— Oh là ! Ne me surestimez pas tout de même !
— Quoi ? Je ne vous excite plus ?
— Je n'ai plus 20 ans, tout simplement. Faut me laisser du temps...
— Pour quoi faire ?
— Récupérer.
— Je n'ai pas que ça à faire, moi. 
— Ah bon ?
— Faut que je dorme. Demain, je bosse et je me lève aux aurores...
— Vous êtes dans quoi ?

— La finance. Et vous ?
— Je suis demandeur d'emploi, comme on dit...
— Je vois... Bon...
— Nous pourrions passer la nuit ensemble, il est tard et j'ai peur de louper ma correspondance...
—Vous vous croyez où ? 
— Chez vous.
— Plus pour longtemps. Je fais pas dans l'humanitaire. Soit vous me baisez une dernière fois, et aussi bien que la première, soit, vous vous rhabillez et ciao bello.
— C'est vrai que pour être franche du collier, on peut dire que...
— ...Je ne voudrais pas avoir l'air de vous presser, papy, mais si vous souhaitez profiter une dernière fois de ce corps magnifique, gratuitement qui plus est, c'est maintenant ou jamais. Dans deux minutes, il sera trop tard...
— Vous pourriez m'aider un peu, me stimuler... 
— Oh, non, désolée, des queues, j'en ai avalées des dizaines ces derniers temps, j'ai eu ma dose. Ou vous me prenez ou vous prenez la porte. Vous voyez, moi aussi, je sais être drôle !
— Ne le prenez pas mal, je ne trouve pas ça très drôle. C'est plutôt même stressant. Je ne vais pas y arriver. Laissez-moi votre 06 et on se revoit la semaine prochaine.
— Pauvre minable, tu sais ce que je vais te laisser ? Un petit billet ! Y'a une station de taxi en bas, sur la place. S'il reste de la monnaie, tu pourras te payer une pute dans ton quartier une fois arrivé à destination, ou un bon repas demain midi, sans penser à moi... Allez, ouste ! Pauvre type !


Charles Brun, Perdu dans les spams




vendredi 26 avril 2019

D'après une histoire vraie

Dieu dit à Adam : J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c'est que je viens de te doter de deux nouveaux organes : un pénis et un cerveau. La mauvaise nouvelle, c'est que tu ne pourras jamais les utiliser en même temps.

samedi 11 février 2017

Le cul est l'avenir de la femme


Les nibards - et les petits culs - reviennent à la charge en Espagne. La chaîne de bouffe rapide américaine Hooters (en langage familier, nichons, nibards, lolos...) y annonce l'ouverture d'une quinzaine d'établissements mêlant viande hachée et chair fraîche. L'expérience fut déjà tentée dans la péninsule, aux Canaries plus précisément, mais se solda par un échec, la boutique fermant ses portes après trois ans d'activité en 2010. 
Déjà présente dans plusieurs pays européens (Royaume Uni, Allemagne, Suisse, Autriche, Hongrie, Republique tchèque et Russie), la firme qui se défend contre les accusations de sexisme dit avoir revu son concept. Si le terme de Breastaurant est trop marrant pour être abandonné, les délégués espagnols de la boîte américaine affirment ne plus vouloir recruter uniquement des poupées siliconées de 18 à 25 ans mais viser désormais tout type de femmes (les serveurs de ces fast-food sont des femmes, les hommes étant relégués en cuisine).

Et si l'uniforme le plus commun reste le tee-shirt moulant et échancré, ainsi que le mini-short orange, une tenue alternative, un jogging orange fluo guantanamesque, à zip façonnable selon la demande, sera proposée aux futures employées. De même, ces bienfaiteurs de l'humanité jurent qu'ils veilleront au respect de la loi espagnole, les femmes ne pouvant subir sur leur lieu de travail ni discrimination ni commentaire sexiste. Voilà la morale sauve. Et l'emploi ! - 50 postes sont à pourvoir au centre commercial de Viladecans (Catalogne) qui accueillera le premier de ces restos. Ça nous rappelle quelque chose…
L'Espagne se targue d'être le pays qui dépense le moins d'argent dans la bouffe rapide. Le restera-t-il ? 
Si la France est pour le moment épargné par Hooters, on attend, dans d'autres domaines, ce genre de marketing sexy. Et on se prend à rêver de l'irruption sur la scène politique, par exemple, d'une Nabilla (Trump n'a-t-il pas acquis sa popularité grâce à la téléréalité ?), les débats politiques, les campagnes éléctorales, auraient de la gueule, les queues s'allongeraient devant les isoloirs, et seraient ainsi redressés les chiffres de la participation. Enfin, les soirs de résultats, on trouverait du monde au balcon...