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mardi 13 juin 2017

Dans la rue




Dans sa dernière livraison, Lundi matin fait le point sur la situation, et c'est l'ami Lordon qui s'y colle, extraits : 
(...) « la France de Macron » n’est qu’une petite chose racornie, quoique persuadée de porter beau : c’est la classe nuisible.
La classe nuisible est l’une des composantes de la classe éduquée, dont la croissance en longue période est sans doute l’un des phénomènes sociaux les plus puissamment structurants. Pas loin de 30% de la population disposent d’un niveau d’étude Bac+2 ou davantage. Beaucoup en tirent la conclusion que, affranchis des autorités, aptes à « penser par eux-mêmes », leur avis compte, et mérite d’être entendu. Ils sont la fortune des réseaux sociaux et des rubriques « commentaires » de la presse en ligne. La chance de l’Europe et de la mondialisation également (...)
(...) Partagée entre les déjà parvenus et ceux qui continuent de nourrir le fantasme, parfois contre l’évidence, qu’ils parviendront, elle est la classe du capital humain : enfin un capital qui puisse être le leur, et leur permettre d’en être ! Ceux-là sont habités par le jeu, ils y adhèrent de toute leur âme, en ont épousé avec délice la langue dégénérée, faite signe d’appartenance, bref : ils en vivent la vie. Ils sont tellement homogènes en pensée que c’est presque une classe-parti, le parti du « moderne », du « réalisme », de la « French Tech », du « projet personnel » – et l’on dresserait très facilement la liste des lieux communs d’époque qui organisent leur contact avec le monde. Ils parlent comme un journal télévisé. Leurs bouches sont pleines de mots qui ne sont pas les leurs, mais qui les ont imbibés si longtemps qu’ils ont fini par devenir les leurs – et c’est encore pire (...)
l'intégralité du papier ici


Lundi matin n°108 met également en ligne la petite vidéo réjouissante d'utopie — a-t-on le choix ? —, mais musicalement discutable, de la génération dite ingouvernable. 


samedi 6 mai 2017

En attendant le désastre


C'est entendu. Un maqueron révolutionnaire s'apprête à gérer notre beau pays comme une start-up, au service de la logique financière, le non-phénomène FN ayant servi de nouveau d'épouvantail pour faire consensus autour de la prétendue démocratie et du jeune banquier au sourire figé qui, en bon démocrate qu'il est, ni de gauche ni de droite, gouvernera par ordonnances. Tout est déjà planifié. Ce fascisme 2.0 imposera le démantèlement de ce qui reste de l'Etat-Providence, la privatisation complète de la société, la confiscation de l'information, l'état d'urgence permanent et la répression de tout opposant — par tous les moyens, comme l'a encore démontré la manifestation du 1er mai dernier. Si nos chers médias ont mis l'accent uniquement sur les deux policiers blessés — l'un de ces agents s'est blessé tout seul en dégoupillant sa grenade... — ils ont fait silence sur la centaine de victimes côté manifestants.


source : Street-Medics




En attendant les prochaines violences, le site Lundi matin revient sur ce triste Premier mai et son traitement médiatique.

Après la manifestation parisienne du 1er mai 2017 : une photo de policiers et de flammes a fait le tour du monde ; le ministre de l’Intérieur a dénoncé des agissements criminels (de la part des manifestants) ; la presse n’a vu que les communiqués de la Préfecture ; le préfet évoque 150 casseurs ayant agressé les forces de l’ordre ; les manifestants accusent la police d’avoir tronçonné le cortège sans raison ; les syndicats de policiers se plaignent de n’avoir pu utiliser leurs armes ; les street médics évoquent de nombreuses blessures provoquées par des LBD 40, notamment au visage. Mais que s’est-il donc passé ?
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