Si muero,
dejad el balcón abierto.El niño come naranjas.
(Desde mi balcón lo veo).El segador siega el trigo.
(Desde mi balcón lo siento).¡Si muero,
dejad el balcón abierto!
Si muero,
dejad el balcón abierto.El niño come naranjas.
(Desde mi balcón lo veo).El segador siega el trigo.
(Desde mi balcón lo siento).¡Si muero,
dejad el balcón abierto!
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| Robert Crumb |
L'avion a décollé et la caméra a continué. Ma copine et moi, on parlait. Les boissons sont arrivées. J'avais la poésie et une chouette femme en prime. La vie me souriait. Mais attention aux pièges, Chinaski, fais gaffe aux pièges. Tu as mené un dur combat pour avoir la vie que tu voulais. Ne laisse pas une vague d'adulation et une caméra de cinéma tout foutre par terre. Souviens-toi des paroles de Jeffers – les hommes les plus costauds peuvent se faire pièger, comme Dieu quand il posa le pied sur terre.Enfin, tu n'es pas Dieu, Chinaski, détends-toi, prends un autre verre. Tu devrais peut-être dire un truc profond pour le preneur de son ? Non, qu'il se démerde. Qu'ils se démerdent tous. C'est leur film, après tout. Jette un coup d'œil aux nuages. Tu voyages avec les cadres sups d'IBM, de Texaco, de…Tu voyages avec l'ennemi.A la sortie de l'aéroport, dans l'escalier roulant, un type me demande :– Pourquoi toutes ces caméras ? Keski se passe ?– Je suis poète, je lui dis.– Un poète ? il demande, comment vous appelez-vous ?– Garcia Lorca, je fais…
Charles Bukowski, extrait de "Voilà ce qui a tué Dylan Thomas",
in Au Sud de nulle part, trad. Brice Matthieussent, Grasset
Leonard Cohen aime à raconter sa rencontre avec un livre intitulé Poète à New York, publié en 1940 à titre posthume, son auteur ayant été fusillé quatre ans plus tôt, au tout début de la Guerre civile espagnole, parce que Républicain et homosexuel. Il s'appelait Federico García Lorca et Cohen mit en musique sa Petite Valse de Vienne en 1988 pour son album I'm your man.
Le texte original :
En Viena hay diez muchachas,un hombro donde solloza la muertey un bosque de palomas disecadas.Hay un fragmento de la mañanaen el museo de la escarcha.Hay un salón con mil ventanas.
¡Ay, ay, ay, ay!Toma este vals con la boca cerrada.
Este vals, este vals, este vals, este vals,de sí, de muerte y de coñacque moja su cola en el mar.
Te quiero, te quiero, te quiero,con la butaca y el libro muerto,por el melancólico pasillo,en el oscuro desván del lirio,en nuestra cama de la lunay en la danza que sueña la tortuga.
¡Ay, ay, ay, ay!Toma este vals de quebrada cintura.
En Viena hay cuatro espejosdonde juegan tu boca y los ecos.Hay una muerte para pianoque pinta de azul a los muchachos.Hay mendigos por los tejados,hay frescas guirnaldas de llanto.
¡Ay, ay, ay, ay!Toma este vals que se muere en mis brazos.
Porque te quiero, te quiero, amor mío,en el desván donde juegan los niños,soñando viejas luces de Hungríapor los rumores de la tarde tibia,viendo ovejas y lirios de nievepor el silencio oscuro de tu frente.
¡Ay, ay, ay, ay!Toma este vals, este vals del "Te quiero siempre".
En Viena bailaré contigocon un disfraz que tengacabeza de río.¡Mira qué orillas tengo de jacintos!Dejaré mi boca entre tus piernas,mi alma en fotografías y azucenas,y en las ondas oscuras de tu andarquiero, amor mío, amor mío, dejar,
violín y sepulcro, las cintas del vals.
En 1995, le chanteur de flamenco Enrique Morente, contemporain de Camaron et ayant lui aussi "révolutionné" le genre au grand dam des puristes, enregistrait un disque nommé Omega, avec le groupe de rock Lagartija Nick. Il était composé de textes de García Lorca et de Leonard Cohen, rendant hommage au poète grenadin, mais pas que puisqu'on y trouve également une version de Hallelujah. Morente y donne son interprétation de la fameuse valse, mise en musique par le poète canadien, mais chantée en espagnol…
Et comme je ne m'en lasse pas, je ne résiste pas à la version de la charmante Catalane Silvia Pérez Cruz, accompagnée par Raúl Fernández.