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| Andrey Godyaykin |
Chaque jour dans une rage lourde,
C’est un vent de mort, un souffle gourd
Et puant qui tue les âmes sourdes
Sans témoins, sans plaintes, sans secours,
Sombre es-tu, Russie, pour tes poètes :
La terreur, l’étouffement des mots…
C’est Pouchkine qu’une balle guette,
C’est Dostoievski à l’échaffaud.
Terre russe, infanticide amère,
Tel sera peut-être aussi mon sort ;
Dans tes caves, voir saigner mes frères
Et sombrer sous des morceaux de corps –
Gravissant ton Golgotha, j’espère,
Non, je n’abandonne pas les morts.
Dans la faim, la rage, l’hécatombe,
Que je meure, j’aurai fait mon choix :
Je serai Lazare auprès de toi,
Nous ressortirons de notre tombe.
Maximilian Volochine, trad. André Markowicz,
in Christian Olivier, La révolution au cœur, ed. Attila, 2021
