dimanche 20 novembre 2016

L'art du cinéma

En novembre 1966, les cinémas Colisée et La Madeleine projettent en exclusvité le dernier Melville, Le Deuxième souffle. J'ai toujours été fasciné par le début de ce film noir. Sans dialogue, musique, effet soulignant cette évasion. Du grand art – la comparaison avec le remake d'Alain Corneau 40 ans plus tard est tragique pour l'auteur de Série noire, mais c'est une autre histoire.
José Giovanni, dans ses mémoires, raconte que Lino Ventura s'était emporté contre Melville. Afin de rendre plus "vraie" la scène où Gu parvient avec difficulté à monter dans le train, Melville faisait accélérer légèrement la locomotive au cours de la prise, l'acteur épousant alors parfaitement un personnage au physique vieillissant, à la recherche d'un deuxième souffle.



Dans ce petit reportage réalisé pour la sortie du film, on perçoit la complicité distante entre le maître et ses comédiens. Ventura avoue qu'il s'agit de son rôle le plus éprouvant, puis se marre en bourrant sa pipe lorsque Meurisse parle de son métier et des rapports au metteur en scène. 
Ventura oubliera un temps sa brouille avec Melville en acceptant de tourner de nouveau sous sa direction en 1969 dans cet autre chef-d'œuvre qu'est L'Armée des ombres



Dans la série, les bijoux retrouvés, un portrait du cinéaste, rediffusé récemment la nuit. Un an avant sa mort, à 52 ans, l'ancien résistant Jean-Pierre Grumbach réagit à la sortie du livre d'entretiens publié par le critique portugais Rui Nogueira. Le cinéaste qui vient de signer ce qui restera comme son dernier film, Un Flic, reconnaît de ne pas avoir été vraiment sincère dans ses propos. Et dans la préface qu'il donne au bouquin, Melville affirme qu'il est trop tôt, en 1972, pour dresser un bilan de ses vingt-cinq années de carrière.

2 commentaires:

  1. Mon Melville préféré.
    La scène d'entrée de Meurisse en commissaire Blot, son monologue après la fusillade dans le restau, est un immense moment de plaisir.
    Merci pour ces documents.
    Jules

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    Réponses
    1. Cher Jules, vous savez que vous êtes ici chez vous !

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