vendredi 22 janvier 2016

Un drôle d'état



On ne compte plus les abus et dérives découlant de la mise en place, et du maintien, de l'état d'urgence, système « hautement attentatoire aux libertés fondamentales », selon la Ligue des droits de l'homme. La LDH affirmait récemment que parmi les 3 021 perquisitions administratives recensées au 7 janvier 2016, n'étaient constatées que 25 infractions en lien avec le terrorisme. Qu'importe, on apprenait hier que nos amis socialistes entendaient prolonger ce dispositif jusqu'à mai. Au moins. Et on se disait que l'Euro de foot se déroulant en juin sur nos terres, on pousserait certainement jusqu'à l'été, voire la rentrée. Dans un entretien accordé à la BBC, le petit-chef du gouvernement, Valls, annonce que la France restera dans cet état jusquce qu'elle en ait fini avec Daech, créature de l'Occident comme on le sait. Sa fin n'est donc pas pour demain. Au nom de la démocratie et de la lutte antiterroriste, l'exception liberticide devient la règle. L'impuissance, le découragement, la soummission à cet Etat fort censé nous protéger sont les seules garanties du succès des réformes sociales à venir les plus scélérates.


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On le sait, certaines personnalités de gauche ont lancé la semaine dernière une pétition pour des Primaires devant désigner le candidat "naturel" de leur clan aux prochaines présidentielles. Je n'ai pas lu ce texte. Je laisse à ces penseurs progressistes la moitié du bénéfice du doute, l'autre, je la garde pour moi. Je ne peux m'empêcher de voir dans cet appel mené par Rosenvallon, Cohn-Bendit et cie une ultime tentative d'autoprotection ; la clique au pouvoir, leurs frères, étant décidément devenue imprésentable. Que faîtes-vous parmi ces gens, chère Susan George ?


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Le cirque de la campagne pour les présidentielles est donc lancé. Avec la littérature en soutien. Des livres écrits par des candidats, ou plus certainement leurs nègres, qui encombreront vitrines et tables des librairies, mais que personne ne lira, à part quelques fanatiques, une poignée d'étourdis et certains journalistes forcés d'en rendre compte. Je me demandais s'il existait un candidat, à droite comme à gauche, prenant la peine de présenter un réel projet de société ? Sincèrement, je ne le pense pas. Le seul projet, on le sait, est d'assurer la pérennité d'un système économique pourtant déjà mort, de se maintenir au pouvoir ou de représenter la seule alternance possible. Et c'est un tort car à ne pas parler d'avenir, on risque de s'intéresser de trop près au passé de ces prestidigitateurs professionnels.
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J'apprends par hasard que Jean-François Copé effectue son retour, signe un livre où il se livre à coeur ouvert et participe à une émission de l'irrévérencieux Marc-Olivier Fogiel, impertinent coach de remise en forme de tous les désespérés médiatiques. Un poste est à pourvoir, Sarkozy ayant, nous dit-on, raté son come-back. Un an sur la touche semble donc suffisant à Copé pour faire oublier sa mise en examen, début février 2015, pour abus de confiance dans l'affaire des 516 615 euros dus par l'UMP lorsqu'il en était le secrétaire général, sans parler de Bygmalion. Ces gens-là ne doutent de rien.

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Il est vrai que Sarko, qui souhaite certainement continuer à échapper à la prison ou tout au moins à une condamnation (au hasard, pour son rôle dans les affaires Karachi, les écoutes, les sondages bidon, Bygmalion, l'histoire des pénalités de l'UMP, le financement libyen de la campagne 2007, l'arbitrage Tapie-Crédit Lyonnais, l'affaire Bettencourt, et j'en oublie certainement) sera là. Celui qui pense que le gars de Neuilly-sur-Seine a dit son dernier mot oublie que la bête est coriace, aime l'adversité et possède plusieurs cerveaux comme nous l'avait déclaré, vous vous souvenez, l'ex de Raphaël Enthoven et de son père, de Mick Jagger, Vincent Perez, Laurent Fabius, Jean-Jacques Goldman, Charles Berling ou encore, last but not least, de Donald Trump ! En attendant, il nous sort aussi son bouquin dont le titre laisse rêveur : La France pour la vie. Un aveu pour ainsi dire : je ne lâcherai jamais ! Il y reconnaît 27 erreurs (c'est Le Figaro de son pote Dassault qui s'est chargé de la comptabilité) qu'il ne reproduira plus, promis, car voyez-vous, cet homme a changé - on connaît le refrain. Les fautes avouées ne concernent que la forme, quelques détails trop bling-bling, c'est tout, l'homme n'ayant pas cédé suffisamment tôt sa place au Président. Car dans le domaine des réformes, s'il avait su... Eh oui, Nico, ce que tu n'as pas osé faire, François, Manuel et Emmanuel l'ont fait, et personne - ou presque - n'est descendu dans la rue. Je comprends, ça doit être rageant.
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Pour le moment, si j'ai bien compris, le favori des médias d'allégeance et autres instituts de sondage, celui qui incarne le changement à droite, se nomme Juppé. Le vieux, condamné jadis pour abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt à une peine de 18 mois de prison avec sursis et dix ans d'inéligibilité, ramenée en appel à 14 mois avec sursis et un an d'inéligibilité, se verrait bien finir en beauté. Il compte sur l'amnésie de ses contemporains en oubliant qu'ils n'ont pas tous son âge... 
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Un autre marrant qui fait son retour - à droite ?, à gauche ? je n'ai pas tout saisi - et qui entend bien jouer les trublions, c'est Bernard Tapie, condamné notamment en 1996 pour corruption et subordination de témoin, ancien ministre de Mitterrand, et soutien de Sarkozy qui, s'en souvient-on, l'a chaleureusement remercié avec les quelques millions du Crédit Lyonnais, qu'il va devoir rendre tout de même. Entend-il se refaire la cerise sur le dos des citoyens ? De nouveau ? Cela en a tout l'air. Il doit avoir des dossiers, sinon, ça ne s'explique pas... 
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La vraie chouchou des médias, le bel épouvantail, c'est bien entendu Marine Le Pen, la fille de, qui essaie tant bien que mal de se débarrasser de son encombrant père, affirme elle aussi avoir changé - ou tout au moins son parti - pour lequel elle envisage d'ailleurs un autre nom - si c'est pas la preuve du renouveau, ça... Le problème, oh, un détail, c'est que la petite traîne une information judiciaire ouverte en 2014 pour escroquerie, abus de bien social, complicité et recel de ces délits visant le financement de ses campagnes électorales. Un malheur n'arrivant jamais seul, une autre enquête vient d'être ouverte et la concerne elle et son père, la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique ayant émis un doute sérieux quant à l’exhaustivité, l’exactitude et la sincérité de leurs déclarations de patrimoine. La HATVP soupçonne notamment une sous-évaluation de certains actifs immobiliers détenus en commun par papa et fifille. Coïncidence, comme Onfray, Marine vient de décider de réaliser une cure médiatique. Pour revenir en pleine forme dans quelques mois. Elle sait qu'elle bénéficiera de la bienveillance des médias. Et sinon, ben, y'a l'autre, la nièce, la même mais en plus jeune et plus blanche.
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Ça me met dans un état, tout ça... 

2 commentaires:

  1. Je ne vois qu'une seule solution : que tu te lances toi-même dans la politique et le journalisme. Votez "nos consolations" !

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