vendredi 6 mai 2016

Crève, mon amour


Je veux que tu souffres autant que moi
et j'apprendrai à prier pour y parvenir
Je veux que tu te sentes aussi inutile
qu'un verre sans whisky dans les mains
et que dans ta poitrine
tu aies l'impression que ton coeur
appartient à un autre
et que tu en souffres
Je veux que tu meures 
où que tu sois
et j'apprendrai à prier pour y parvenir
 
Lorsque je l'ai entendu pour la première fois, il y a donc bientôt 20 ans, j'ai pensé qu'il s'agissait d'un de ces vieux chanteurs exotiques, voire espagnols, un truc des années 50, un de ces séducteurs qui aurait murmuré à l'oreille de ma mère, et que ce bon Pedro cherchait à dépoussiérer en l'intégrant dans la B.O de son film, comme il l'a fait par ailleurs pour Chavela Vargas, Xavier Cugat ou Sara Montiel. Malgré la présence de la bête Javier Bardem et celle de la délicieuse Angela Molina, Carne trémula (En chair et en os) n'est pas le meilleur film de l'auteur mais cette scène, emballée dans cette chanson, m'avait effectivement fait trembler la peau.



A l'époque, Internet était balbutiant, et je n'avais pas cherché à savoir qui était Albert Pla. Je me demande même si j'avais retenu son nom. Ce n'est que bien plus tard que je découvrais cette version castillane de la fameuse chanson de Lou Reed et faisais le lien entre le chanteur inconnu de 1997 et ce punk allumé, mal élevé et catalan, né en 1966, partisan de l'indépendance de sa région, et de la libéralisation de toutes les drogues, et pourfendeur de Podemos, me dit-on... Personne n'est parfait.
 



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