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Miron Zownir |
Lorsque je serai mort, avec de la poussière
sur les buis — et les chiens joueront avec les enfants,
personne n'est en faute — le soleil
luira dans l'étang pour se délasser,
au matin sur les plates-bandes une buée perle ;
emmêlé avec les plantes je croîtrai parmi elles,
éparpillé avec les graines, délivré.
Tout sera en ordre, ni plus ni moins. La nature
brouille les pistes, poursuit ses jeux, elle rit.
Bienveillante avec d'autres, il le faut croire,
jusqu'à les lâcher quand il lui plaît.
Mais quel tremblement dans vos voix sera-t-il demeuré,
de ma voix qui avait parlé pour vous ?
André Frénaud, in Il n'y a pas de paradis, Poésie/Gallimard