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| Louis Stettner |
et quand elle arrivait les hommes s’enlisaient
en jalousie
je vous avais oubliés
j’avais tout oublié
veuillez aujourd'hui avoir l’obligeance
de m’achever
avec toute l’élégance propre à votre classe
je tiens à vous rassurer :
comme à votre habitude
vous n’aurez à fournir aucun effort
– je suis un livre ouvert
sur tous mes torts
l’arrogance de l’ignorance
l’inconscience de la vulgarité
la violence exacerbée
luttant sans cesse et sans science
avec mes pauvres armes
histoire de survivre dans l’infinie fange
jouant les jolis cœurs flanqué comme l’as de pique
je m’égarais dans les toilettes des dames
les salles obscures à écrans louches et fauteuils défoncés
les comptoirs poisseux des rades de quartier
les parties de foot sur terrains déstabilisés
loin des paillettes et flonflons chers à votre condition
insaisissable je trouvais sens et consolation dans un air de bandonéon
le chant d’une crevette de San Fernando
les vers d’un ancien mineur de la Sarre
inlasable hypnotiseur vous m’endormiez
teniez à m’emmener ailleurs
caution d’agrément à peu de frais
de vos urbaines turpitudes
l’important était de ne pas participer
ne jamais vous ressembler
je repoussais sans diplomatie
tapes sur l’épaule
sur tapis rouge et loges princières
profondément inapte à singer vos manières
avaler ces couleuvres putassières
qui font une carrière
étranger à vos codes et mots de passe
j’ai raqué par niaiserie
et lâcheté
comment ne pas vous avoir au cœur
d’un de ces cocktails dans lesquels
vous aimez vous pavaner
balancé une paire de tartes salées
et vos quatre ou cinq vérités ?
veuillez aujourd’hui avoir l’obligeance
de ne plus user cette langue faisandée
pour salir un nom déjà couvert de honte et de boue
trouvez une corde à votre goût
et passez-la-moi autour du cou
ne vous déplaise
la mort sera douce à ses côtés
charles brun, amnésie d'un pas grand-chose

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