Edouard Boubat
Quand vous approchez la main d'une curieuse grosse tache noire et qu'elle se sauve, c'est une araignée.
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Le travail éreinte, le loisir ennuie, l'amour tourmente, la vie tue.
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Source de tourments inépuisables : vouloir à toute force caresser un sexe qui n'est pas le sien.
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Un des gros problèmes que j'ai c'est avec les films étirables.
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Un nuage, qu'il crève !
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Toute vie travaille à se borner, à s'étriquer. Inconsciemment, on se prépare au cerceuil. Puisqu'il faudra tenir dans une toute petite boîte. On s'y prépare tous les jours.
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Je suis enfin parvenu à cette vie dénuée d'utilité dont je rêve depuis toujours… D'où l'utilité de ne pas rêver.
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Je dénoue des contacts.
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Je fais beaucoup de sport pour allonger ma vie d'ennui et de détestation.
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Le premier problème de l'homme c'est l'érection. Il n'a pas de deuxième problème.
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Vous n'avez le choix qu'entre l'insupportable solitude et l'insupportable compagnie.
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Aujourd'hui, on me dirait tu n'as plus que deux heures à vivre, je penserais seulement : « qu'est-ce que je vas bien pouvoir en foutre… »
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L'imparfait du subjectif.
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Je préfère les écrivains qui ne s'assoient pas pour écrire.
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Même les seins en plâtre me font un petit quelque chose.
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Le poète, il exerce son altruisme en n'étant attentif qu'à lui même. Pas un personnage sympathique donc. Mais – deux ou trois fois par siècle – bouleversant !
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Je n'ai jamais été aussi bas dans mes sondages.
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En France tout le monde écrit sauf moi.
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Etre passé à côté de tout, c'est-à-dire avoir bien vérifié que tout est autant insaisissable qu'indicible.
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On n'est jamais à court d'idées fixes !
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Bon on arrête d'écrire, qui commence ?
Jean-Pierre Georges, L'Ephémère dure toujours,
ed. Tarabuste, 2010

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