vendredi 31 juillet 2015

Noslagie pour le ridicule d'avant


J’écris des essais parce que je n'ai pas eu le talent de composer des chansons sentimentales. Même ridicules. D’ailleurs, comme l'aurait dit Fernando Pessoa, toutes les chansons sentimentales sont ridicules mais, à la vérité, ce sont les gens qui n’écoutent pas les chansons sentimentales qui sont ridicules. Voilà pourquoi je réécoute le cœur noyé de nostalgie les chansons sentimentales de mes dix-huit ans, l’âge où je feignais de les trouver ridicules.
Frédéric Schiffter

jeudi 23 juillet 2015

Nostalgias en la ciudad

Camarón de la Isla, d'autres avant et après lui, avaient ouvert la voie, fusionnant le traditionnel au moderne, le flamenco au rock, à la pop, la variété, le jazz… Peu après la sortie du magistral Leyenda del tiempo, qui fit scandale chez les puristes, en pleine Movida, deux guitaristes gitans, Juan Carmona dit El Camborio, fils de Juan Habichuela, et José Soto "Sorderita" donnaient naissance, à Madrid, au groupe Ketama, nom issu d'une vallée marocaine, connue pour sa culture du haschich… 
Ses premières expérimentations le situe dans ce que l'on appellera les Nuevos flamencos. Après quelques dissensions internes, le chanteur Ray Heredia, fils du danseur Josele, fiche le camp, enregistre un disque solo et trouve la mort. Qu'à cela ne tienne, Juan fait appel à son frère Antonio, chanteur ayant déjà fait ses preuves. Débarque également un autre membre de la tribu Carmona, Josemi. Ça fusionne à tout-va, le groupe décolle et offre en 1988 l'album Songhaï, né de la rencontre avec le tout jeune Toumani Diabate, joueur de kora exceptionnel et malien. 
Je découvre ce disque lors de mon arrivée à la librairie un an plus tard. J'en ai beaucoup abusé. Un peu moins de sa suite, six ans plus tard, Songhaï 2. Entre-temps, Ketama a intégré salsa et rumba à son Nuevo flamenco, avant d'imploser en 2004. Il en reste des titres fabuleux comme Vente pa Madrid ou l'instrumental Jarabi, que je réécoute vingt ans après, certes avec une légère nostalgie, mais avec un plaisir profond.







mercredi 22 juillet 2015

Love streams

Alberto Garcia-Alix


La vie, la mort, le cinéma, la barbe !

Passé un certain âge, il faut se rendre à l'évidence. Celle que c'est trop tard. Celle que ça ne changera jamais. Mais dans le rock, comme ailleurs, quand on n'a pas percé à 40 ans, on continue. La musique, l'attitude rock, c'est toute une vie, c'est pas des vacances. Pas un soir sans concert, pas un jour sans se défoncer. Et quand l'évidence se pointe, ou la mort, rien à foutre, on fonce. 
On était hier à la dernière séance du Méliès, que j'ai vu quasiment naître – inauguré en 1971 en présence de Simone Signoret... La nostalgie, tout ça… 
Le cinéma se rapproche de chez nous, avec six salles flambant neuves dès la rentrée. En attendant, c'est aujourd'hui que sort le film, découvert donc hier, des frères Malandrin, des Français exilés à Bruxelles depuis des années, pour de sombres histoires fiscales si j'ai bien compris. 
Ça démarre pieds et barbes au plancher. Entre les Coen et Date limite. Circulez, y'a du paysage et du cinéma à voir. Une comédie déjantée, sur les chapeaux de roues, sur les cendres de nos rêves et les secrets et misères de nos vies. Avec un trio d'acteurs fabuleux (Bouli Lanners, Wim Willaert et Lyes Salem).  Ça se nomme Je suis mort mais j'ai des amis. A ne pas louper.




mercredi 8 juillet 2015

Tentation d'exister


L’Histoire est une fête qui prend fin. Le récit est simple : il y a de la musique, nous dansons comme si la nuit était éternelle, et en pleine bringue, la lumière s’éteint. Fin du récit et de la fête, le désastre est arrivé.
Juan Tallón, El vater de Onetti 

samedi 4 juillet 2015

Vie de poète





Why do you stand by the window
Abandoned to beauty and pride
The thorn of the night in your bosom
The spear of the age in your side
Lost in the rages of fragrance
Lost in the rags of remorse
Lost in the waves of a sickness
That loosens the high silver nerves

Oh chosen love, Oh frozen love
Oh tangle of matter and ghost
Oh darling of angels, demons and saints
And the whole broken-hearted host
Gentle this soul

And come forth from the cloud of anoint
And kiss the cheek of the moon
The New Jerusalem glowing
Why tarry all night in the ruin
And leave no word of discomfort
And leave no observer to mourn
But climb on your tears and be silent
Like a rose on its ladder of thorns

Oh chosen love, Oh frozen love...
Then lay your rose on the fire
The fire give up to the sun
The sun give over to splendour
In the arms of the high holy one
For the holy one dreams of a letter
Dreams of a letter's death
Oh bless thee continuous stutter
Of the word being made into flesh

Oh chosen love, Oh frozen love...
Gentle this soul


Pourquoi restes-tu près de la fenêtre
abîmé dans l'orgueil et la beauté ?
l'épine de la nuit enfoncée dans le sein
et l'épieu de ton âge plongé dans le côté;
perdu dans les violences des parfums
perdu dans les haillons du remords
perdu dans les vagues de la maladie
qui relâche les hauts nerfs d'argent

O amour choisi, O amour trahi
O matière et esprit embrouillés.
O aimée des anges, des démons et des saints
et la grande armée des coeurs brisés -
Douce cette âme.

Sors de ce nuage d'ignorance
et baise la joue de la lune;
le code de la solitude brisé
pourquoi rester seul et confus ?
Et ne laisse aucun mot de gêne,
aucun témoin pour pleurer,
mais escalade tes larmes et reste muet
comme la rose sur son échelle d'épines.

Puis dépose ta rose sur le feu;
le feu s'abandonne au soleil;
le soleil cède au merveilleux
dans les bras de l'Etre sacré;
car l'Etre Sacré rêve d'une lettre -
rêve de la mort d'une lettre -
Oh bénis le bégaiement éternel
du verbe qui se fait chair.

O amour choisi, O amour transi
O matière et esprit embrouillés.
O aimée des anges, des démons et des saints
et la grande armée des coeurs brisés -
Douce cette âme,
douce cette âme.
  Traduction de Jean Guiloineau

Oxi !



Franz, Max et Esther


Au lit avec Onetti


jeudi 2 juillet 2015

Petit rappel

L'idéologie ultralibérale – et meurtrière – a, depuis longtemps, trouvé dans les médias dominants de puissants relais, les réseaux sociaux accroissant la propagation de la propagande.


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Et il y en a plein, des comme ça, ici (avec de la nalyse en plousse)

Et j'espère qu'on sera plein ici (et ailleurs)

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